Chers amis, Recevez tous les vœux du Jardin des Merlettes pour une année 2025 sereine et pleine de découvertes ! Au jardin, on est maintenant entrés dans la période du repos. C’est l’heure du bilan sur la saison 2024. On se remémore les moments où tout s’est bien passé, où les floraisons nous ont éblouis, où l’on a découvert des arbres couverts de fruits. Et puis aussi les moments plus difficiles, après les grandes gelées de fin mai par exemple, qui ont emporté nos espoirs de cerises, de prunes, et même de pommes !
Kaki Muscat
C’est l’heure de préparer la saison suivante. Au Jardin des Merlettes, elle sera courte : des stages auront lieu comme chaque année pendant la saison de taille de mars et avril. Ce seront les derniers et ce printemps sera donc pour chacun la dernière occasion de venir peaufiner ses gestes sur les arbres fruitiers, les rosiers et les arbustes d’ornement ! Le jardin continuera sa vie et les élèves nostalgiques seront les bienvenus pour des ateliers occasionnels. Nous continuerons d’envoyer des nouvelles à nos abonnés et de publier des podcasts de temps à autre, au gré des inspirations. Dans un premier temps, il faudra liquider la paperasse et les formalités administratives, puis on verra où l’inspiration bucolique nous conduira…
Poirier Cure en forme fuseau
Merci pour vos encouragements au cours de toutes ces années. Merci pour les rencontres joyeuses et l’enthousiasme de nos stagiaires. Merci pour vos retours d’expérience. Alors, si vous le voulez bien, restons connectés et nous partagerons certainement encore de bons moments. Très heureuses fêtes à tous !
Lors d’un récent voyage en Italie j’ai pu retourner au jardin de la Villa BARBARIGO, à Valsanzibio. Outre de multiples fabriques et jeux d’eau, on peut y admirer l’un des plus beaux labyrinthes d’Italie… hélas, planté en buis. Les pyrales n’accordent aucune relâche aux jardiniers qui doivent les collecter A LA MAIN chaque soir, à la tombée de la nuit, lampe frontale et mains libres : soit 10,000 à 13,000 chenilles par soirée ! Qui après cela osera se plaindre !
Ile aux lapinsLe labyrintheGloriette du labyrinthe
Mais les chenilles sont également présentes en France et ont causé de gros dégâts aux Merlettes où nous avons subi plusieurs invasions successives. Cette fois, elles se sont attaquées aux bourgeons de pommiers et poiriers. Et du coup, il n’y aura pas de récolte cette année. Ci-dessous, deux photos du flag !
Chenille sur laurier…et sur poirier
Autre difficulté : les pluies diluviennes ont rendu le travail bien difficile au jardin. Devenu jungle infranchissable par la montée des herbes, on en perdait le dessin des parterres et la piste des allées : Impossible de faucher jusqu’à la troisième semaine de juin ! Mais ces pluies ont eu un bon côté : les rosiers ont explosé et tous les arbres ont poussé de 20 à 80 cm. Et on a assisté à de véritables résurrections: lesassafras mort l’hiver dernier offre des repousses à son pied et il s’est apparemment ressemé. Le Cornus Florida revit et les Fothergillas ont enfin démarré. Au passage, cela nous donne une idée de toute l’eau qui leur a manqué les années précédentes en raison de la sécheresse et de nos arrosages sans doute trop chiches.
Rosier California PlenaFothergillaPhytocarpus
Les températures encore clémentes jusqu’à la mi juillet nous ont permis d’installer de nouveaux parterres de vivaces. Le petit dernier présentera une association d’alchémilles et tulipes, puis d’iris au printemps (germanica jaune d’or & noir de suie), iris pallida et iris spurria bleu roi. L’été sera dédié aux phlox (blancs), géraniums vivaces et pavots roses (somniferum). Objectif zéro entretien, comme les autres. Ci-dessous, le parterre aux pivoines qui montre un joli contraste entre graminées et euphorbes (à droite) et le parterre aux lysimaques qui met en valeur les couleurs chaudes des hémérocalles (à gauche).
Parterre en gestion librePapaver somniferumEuphorbe
Actuellement, la canicule sévit et on ne peut guère travailler au jardin que le matin. Une dernière fauche générale avant les vacances, un peu de taille en vert, en particulier sur les poiriers qui ont beaucoup poussé. Et on va pouvoir profiter du temps libre pour récolter les graines de nos fleurs et cueillir les mûres de tous nos ronciers. Cette année enfin, elles profitent à la fois de chaleur et de beaucoup d’eau. La récolte est donc exceptionnelle, tout autant que la remontée des framboisiers qui s’annonce très belle !
Framboisier HeritageMures
Alors, joyeuses vacances à tous et ‘à la rentrée’, pour de nouvelles aventures jardinières !
Il fait encore bien frais mais le printemps avance vers les beaux jours. C’est la fin de la saison de taille et on passera bientôt aux éborgnages et ébourgeonnements puis à la taille en vert, en début d’été. Au jardin, le sol se réchauffe doucement et les vivaces pointent leur nez. S’approche le moment de reprendre et compléter les mixed borders.
Pour l’instant on finit de tailler les arbres fruitiers
Pour les arbres palissés on mêle tradition et innovation au gré des besoins pour ajuster la forme des arbustes et leur taille au flux de leur sève. Car on a parfois de mauvaises surprises quand la variété est trop poussante et/ou la forme choisie trop contraignante par rapport au porte greffe ou au sol du jardin. Étant tombés hardiment dans ce piège, nous conduisons au jardin des expériences de changement de forme en cours de croissance. L’aventure est passionnante et les résultats très encourageants, témoin ces pommiers ‘Jonagold’prévus à l’origine pour être formés en trois cordons bilatéraux superposés et repris ‘à la diable’.
Pommier Jonagold conduit à la diable
Le pêcher ‘Brugnon blanc’ se prête bien, lui, à une conduite assez rigoureuse. Il porte des fruits en abondance et qui mûrissent bien, étant bien exposés au soleil grâce à une taille très courte au printemps. Les stagiaires ont pu s’entraîner à cet exercice lors du stage de taille des fruitiers à noyaux. Deux impératifs cependant, éclaircir les fruits et soigner la taille en vert, un exercice qui prend chaque année plus d’importance dans notre programme de taille.
Taille du brugnon blanc
La taille en vert… mais pas que…
On procède tout d’abord à l’éclaircissage des fruits, dès qu’ils sont bien formés, c’est-à-dire de début mai à début juillet, selon les espèces. Et on profite de ce passage minutieux dans les arbustes fruitiers pour éborgner et ébourgeonner. On procèdera ensuite à l’arrachage des rameaux mal placés (sur ou sous les cordons) puis, enfin, et seulement lorsqu’environ huit feuilles auront poussé sur les nouveaux rameaux, on procédera à la taille ‘en vert’, c’est à dire au sécateur. Les étapes préliminaires sont largement aussi utiles que la taille en vert proprement dite. C’est aussi l’occasion de faire un diagnostic sanitaire du jardin fruitier : quels dommages ou attaques a-t-il subi ? Nos traitements ont-ils été utiles ? Suffisants ? Tous ces points sont au menu du stage de taille en vert des arbres fruitiers les jeudi 4 et vendredi 5 juillet. En général une découverte pour ceux qui y participent… et ne le regrettent pas !
Les premières récoltes au jardin sont celles des orties, dès la mi-mars. On les récolte quand elles ne mesurent qu’une trentaine de centimètres et que la tige est très tendre. Le bouquet final est consommé en légume (il adoucit tous les potages) ou gratin (délicieux avec les raviolis du Dauphiné), par exemple. Et la tige et les feuilles servent aux décoctions et purins pour soigner le jardin. Car le débourrement est encore en cours qu’il faut déjà penser à protéger les arbres contre tous ceux qui sont prêts à les dévorer et à les abîmer, insectes et maladies. On a déjà effectué en mars les traitements contre la tavelure, quand les bourgeons s’ouvraient à peine. Maintenant, on surveille les chenilles, très présentes cette année. Tant que le mal est contenu, on les laisse agir, pour nourrir les oiseaux du jardin. Mais la lance est prête. L’an dernier certains arbustes ont été entièrement défoliés. Certains s’en sont bien remis, d’autres moins bien.
Chenille toute jeune
Après les soins aux fruitiers, c’est au tour des parterres de fleurs
A partir du mois d’avril, le sol se réchauffe doucement au jardin et les mois de mai et juin sont très propices à l’installation de plantes vivaces. Nous organisons un stage sur la création et l’entretien des parterres de vivaces les jeudi 20 et vendredi 21 juin. L’occasion de créer deux nouveaux parterres (mixed borders) aussi simples à entretenir que fournis en fleurs tout au long de l’année. Le sol a été soigneusement préparé à l’automne et on réfléchira sur sa protection contre de possibles canicules. On reprendra cette réflexion en juillet, à l’occasion du stage sur l’adaptation du jardin aux changements climatiques.
Jusqu’en 2102, l’équinoxe, qui marque le début du printemps, aura lieu le 20 mars. Donc nous y voici : joyeux printemps !
L’éveil à la nature des tout petits
Le jardin est encore bien endormi ; en tous cas, on n’y voit pas encore beaucoup de choses. Vraiment ? Pas sûr… Tous les signes sont là d’une explosion qui se prépare et il faut profiter que le sol est encore nu (non couvert d’herbe) pour observer de plus près certains de ses habitants. En ce moment, les plus curieux sont les vers de terre. Ils ont envie de sortir leur bout de nez et on les rencontre un peu partout. Pas ceux qui restent en profondeur (les endogés), bien sûr, mais ceux qui aiment vivre en surface, les épigés. Si vous avez un petit enfant près de vous, c’est le moment de lui montrer toute l’activité de ces petites bestioles, pendant qu’on peut les voir si bien et de reconnaître leur turricule, par exemple. Peut-être qu’il ne les trouvera pas très jolis au début, mais prenez un peu de temps pour leur expliquer à quoi ils servent et tous les ennemis contre lesquels ils doivent se défendre et vous verrez, ils seront passionnés, surtout si un merle, ou pire une merlette affamée se promène pas très loin ! De quoi passer un bon moment au jardin pour une leçon de nature qu’ils n’oublieront sans doute jamais.
La saison des tailles
Vite, on retire toutes les inflorescences séchées que l’on avait laissées en place pour décorer le jardin. Les iris spurrias, par exemple, si stylés dans leur robe argentée. Dans quelques jours, toutes les plantes à bulbes auront démarré et il sera bien difficile d’entrer dans les plate-bandes sans abîmer de nouvelles pousses. Et on taille les hydrangéas puis les rosiers, avant qu’ils ne démarrent, pour leur éviter des efforts inutiles. N’hésitez pas à être radical, pour relancer la basitonie de vos arbustes et favoriser de nouveaux départs. Enfin, on nettoie les pieds de framboisiers. Toutes les cannes sèches doivent disparaître. Et enfin vient le moment délicieux de tailler les arbres fruitiers palissés. Pourquoi délicieux ? Parce qu’on va voir le résultat des tailles de l’été dernier. La douceur qui s’installe favorise le débourrement des bourgeons et on peut enfin voir où se trouvent les boutons à fleurs. On avait bien quelques idées déjà mais certaines variétés sont trompeuses et là où vous aviez cru voir un bourgeon à fleurs, c’est un nouveau rameau qui démarre… Les bourgeons de poires sont faciles à repérer. Ils sont plus précoces et ressemblent à une grosse guêpe jaune et brune dès qu’ils débourrent, mais pour les pommiers, c’est une autre histoire ! Pour les cognassiers, ne cherchez pas, les fleurs apparaîtront plus tard, sur les nouvelles pousses, de même que pour les vignes, les kakis et les kiwis. Et ils sont si réguliers et productifs qu’il n’y a pas vraiment de suspense, en tous cas, quant à leur présence.
Bourgeons de fleurs ou de fruits ?
Prendre de court les maladies cryptogamiques
Lorsque les bourgeons gonflent, c’est le moment de sortir le pulvérisateur et de traiter contre les maladies cryptogamiques qui abîmeront vos fruits si vous n’y prenez pas garde, au premier rang desquelles la tavelure (sur les pommes et les poires), la rouille grillagée (sur les poiriers) et la moniliose (sur les coings). Une pulvérisation maintenant et une seconde dans 10 à 15 jours, c’est peu d’effort pour protéger vos fruits de façon efficace. La période d’application est importante : il faut traiter alors que les bourgeons grossissent et que leurs écailles commencent à s’écarter et avant que la fleur soit éclose car c’est dans cet intervalle que les spores de champignons microscopiques cherchent à s’installer dans le bourgeon floral. Comme pour beaucoup de maladies, il est plus efficace de prévenir que de réagir une fois le mal installé.
Prochain stage
Les stagiaires se retrouveront les 11 et 12 avril pour le stage annuel de taille de fructification des arbres fruitiers à noyaux. Emotion garantie : les stagiaires ont HORREUR de tailler des rameaux de pêchers ou d’abricotiers couverts de fleurs… et pourtant, c’est bien nécessaire.
Le stage est complet, on a ouvert une liste d’attente pour remplacer les défections de dernière minute.
Une nouvelle page est en ligne sur le site du jardin : le verger conservatoire d’espèces fruitières régionales
Il s’agit de l’espace du jardin dédié au conservatoire régional d’espèces fruitières bourguignonnes. On y décrit les variétés plantées, bien sûr, mais aussi le cadran solaire et le gnomon installés au centre de ce verger. C’est l’occasion de découvrir combien notre patrimoine fruitier est riche et pour chacun de réfléchir aux actions qu’il pourrait mener en faveur de la biodiversité et de la conservation des variétés fruitières anciennes. On y rappelle également l’action menée depuis presque vingt ans par la Région Bourgogne Franche Comté en faveur des vergers de sauvegarde.
C’est l’hiver et pour l’instant le jardin est au repos mais le cadran solaire situé au centre du conservatoire fonctionne très bien, même quand il neige. Il indique non seulement les heures de la journée mais aussi les mois du calendrier.
Les jardins botaniques de Deshaies et de Vallombreuse, en Guadeloupe
Et il ne fait pas froid partout en France ! Le Jardin des Merlettes s’est transporté aux Antilles, en Guadeloupe, histoire d’observer de plus près quelques arbres, fleurs et fruitiers exotiques. A Deshaies, le jardin botanique est magnifique en cette fin de janvier où fortes averses et grand soleil alternent tout au long de la journée. Les maracudjas (fruits de la passion) mûrissent. Le grand fromager (photo ci-dessous) domine l’ensemble du jardin, tel un immense dinosaure. Strélizias, fleurs de porcelaine et Hibiscus sont en fleurs. A Vallombreuse, un petit train nous emmène tout autour du parc et nous fait découvrir le relief exceptionnel du jardin. On reprend ensuite la visite à pied pour admirer de plus près l’incroyable collection de fleurs tropicales et les colibris qui y butinent. Deux jardins à ne pas manquer si vos pas vous mènent aux Antilles ! Compter environ trois heures pour chacun, tant il y a de choses à regarder.
Le fromager de Deshaies (‘Ceiba pentandra’), encore appelé kapokier, Fwomajyé ou mapou wouj
Après les ‘années COVID’ 2023 a été une année de récupération et de remise en route. 2024 peut maintenant porter de nouveaux projets.
Tout d’abord nous souhaitons mieux faire connaître nos activités d’arboriculture fruitière. Elles s’articulent selon deux axes :
Enseigner la conduite des arbustes fruitiers en formes fruitières : Pour produire de beaux fruits à portée de main. En limitant considérablement le volume des arbustes les formes fruitières permettent de multiplier le nombre d’arbres qu’un particulier peut cultiver dans un petit jardin
Cultiver une collection d’arbres fruitiers locaux : la plantation du conservatoire variétal a débuté en 2009 et de nouvelles variétés sont ajoutées chaque année. Les arbres commencent à porter des fruits, lorsque les gelées printanières le permettent.
Nous prévoyons d’ouvrir le Jardin des Merlettes à l’occasion des Journées du Patrimoine en septembre 2024 et d’y organiser des visites commentées. Si vous souhaitez nous aider à organiser cet évènement, merci de vous manifester.
Notre second projet important pour 2024 (et probablement après) concerne la modernisation de nos modes d’enseignement. Nous souhaitons pouvoir offrir des modules d’enseignement à distance. Notre action est destinée aux particuliers et à tous les jardiniers professionnels pour qui l’esthétique et le soin des arbres l’emporte sur la simple productivité. Nos essais de formation par des sessions en ZOOM n’ont pas été très concluants à ce jour car il faut se donner plus de temps pour expliquer et montrer en détail les gestes à accomplir. Nous avons donc remis l’ouvrage sur notre métier et continuons à proposer des stages en présentiel en attendant de pouvoir offrir une solution à distance plus satisfaisante.
La vague de froid actuelle permet au jardin de se reposer enfin. Il réouvrira fin février. D’ici là, nous vous souhaitons un bel hiver !
Et maintenant, le jardin s’endort et c’est un bon moment pour reprendre blocs et crayons. On inventorie les plantes qui se sont bien développées mais aussi celles qu’il faut soigner différemment ou peut être remplacer. On prévoit de réparer les palissages, de changer certains supports… Et on réfléchit à de nouveaux espaces.
Car il n’y a pas que des arbustes fruitiers au Jardin des Merlettes mais aussi des centaines d’arbustes de tous ports installés dans les six grands espaces du fruticetum, une vingtaine de parterres de vivaces et une roseraie riche de plus de cent cinquante variétés : de quoi donner à réfléchir et des étiquettes à renouveler !
Voici un petit zoom sur nos activités liées aux rosiers, car c’est justement la taille d’hiver des rosiers qui ouvrira la saison de stages 2024 les 29 février et 1er mars prochains. Le JDM propose une formation assez complète à la culture des rosiers. Côté taille, tout d’abord la taille d’hiver pour remettre en forme les rosiers, puis une taille de fin d’été pour installer les nouvelles pousses des rosiers grimpants et des hauts buissons sur leurs supports. Ce palissage soigné prépare une floraison époustouflante au printemps suivant. Vous croyez bien connaître vos rosiers ? Nous vous proposons quelques surprises…
Et pour ceux qui veulent installer un jardin de roses, un stage spécialement dédié au choix des rosiers : leur port bien sûr, mais aussi leur résistance, leur facilité de culture, leur floribondité et leur parfum. Un rosier n’en vaut pas un autre mais chacun trouvera son rosier idéal… pour lui-même et pour l’endroit où il souhaite le planter.
Et si vous cherchez encore le présent idéal pour votre parent, ami(e) ou collègue jardinier, n’hésitez pas : un stage au jardin constitue le cadeau idéal à l’occasion des fêtes de fin d’année ! Prenez contact avec nous et nous vous adresserons une invitation au nom de votre proche.
Nous terminons à peine de savourer notre raisin que les kakis prennent la relève. Nous avions planté au jardin deux kakis astringents (ceux qui ont besoin d’endurer le froid, voire le gel, pour être comestibles), ‘Fuyu’ et ‘Muscat’. Devant le succès remporté avec cette espèce, facilité de culture et abondance des récoltes, nous en avons planté d’autres plus récemment, des astringents mais aussi des kakis ‘pommes’. Et pour la première fois cette année, nous avons récolté des kakis de la variété ‘Meader’. Mais quelle surprise, ils sont tout petits petits ! Surtout à côté de nos ‘Fuyu’ bien ronds. Mais tout aussi délicieux, avec un léger goût de rhum. Nous commençons à les déguster car si un oiseau ou un frelon les blessent, ils mûrissent très vite, même sans gel. Pour les autres, il faudra attendre. Fin novembre, tout sera cueilli et installé en cagettes. Ce sera ensuite le tour des kiwis, très abondants cette année.
Kakis Fuyu et Meader
Préparer les plantations et penser aux variétés fruitières locales
Planter un arbre ne prend pas bien longtemps, mais ça engage l’avenir du jardin pour des dizaines d’années. Alors c’est utile de prendre du temps pour choisir ses arbres. A quoi faut-il réfléchir ? Côté joyeux, réfléchir aux fruits que nous préférons : plutôt les cerises, les poires, les petits fruits ? Et exactement lesquels : ceux qui sont un peu fermes et acides, ou plutôt les fondants et juteux ? A chacun ses préférences et c’est le moment de se rappeler les bons souvenirs d’enfance, ceux que l’on aimerait transmettre. Côté contraintes, que pouvons-nous cultiver ? De combien de place dispose-t ’on ? Quels fruitiers s’adapteront bien dans le sol de notre jardin ? Y a-t-il des conditions particulières à prendre en compte (gels tardifs, vent, faible hygrométrie, Ph du sol trop basique ?). En quoi cela limite t’il notre choix ? Au Jardin des Merlettes, les trois dernières années n’ont pas été fameuses et de nombreuses espèces ont beaucoup souffert des gelées tardives, très tardives même. Alors on doit se poser la question : Faut-il choisir des variétés nationales ou plutôt locales ? Une des seules variétés de pommes qui n’ait pas gelé au printemps dernier aux Merlettes est la variété ‘Sauvageon Barré’, originaire du pays d’Othe mais bien connue en Bourgogne.
Pomme Sauvageon Barre
Le programme de sauvegarde des variétés fruitières anciennes
A cet égard, il est intéressant de consulter le programme de sauvegarde des variétés fruitières anciennes mis en place depuis plus de 15 ans par le Conseil régional de Bourgogne Franche Comté (CRBFC). Le CRBFC aide les associations et collectivités locales, mais aussi les particuliers, à planter des vergers conservatoires comprenant des variétés locales. Au fil du temps et des consultations locales, le nombre de variétés citées s’est considérablement enrichi, ainsi que les informations sur chacune. Une belle initiative. La liste des variétés présentées est très tentante, alors, à chacun de se souvenir de ne pas planter plus que ce qu’il pourra entretenir régulièrement, condition essentielle à la bonne santé des arbres… et de leurs fruits.
Beaucoup de nos stagiaires ou lecteurs de notre blog nous demandent où trouver ces fameuses variétés locales. C’est vrai que jusqu’encore récemment, il fallait greffer soi-même en se procurant porte greffes et greffons auprès des associations de pomologie (par exemple, le G.R.E.F.F.O.N. dans la Nièvre, association affiliée aux Croqueurs de pommes). C’est une expérience merveilleuse qu’on ne saurait trop recommander aux arboriculteurs en herbe. Planter un porte greffe puis le greffer quand il a acquis la force nécessaire pour recevoir le greffon. Guetter la reprise de la végétation, le développement de la greffe puis former le jeune arbuste. Cet arbre aura pour vous une valeur incomparable. Mais si vous n’avez pas la disponibilité nécessaire, vous pouvez désormais trouver beaucoup de variétés locales auprès de pépiniéristes, locaux eux aussi, qui s’intéressent à notre patrimoine pomologique. Cette année par exemple, nous fêtons l’installation d’une nouvelle pépinière à Dornecy, ‘Les Rameaux Fruitiers’, qui propose des variétés anciennes et qui réfléchit aux porte greffes les mieux adaptés pour les sols de notre région.
Les activités au jardin
Et justement, en cette saison, c’est encore le sol qui fait l’objet de tous nos soins tant il est déterminant pour la bonne santé de nos arbres : nettoyer le pied des arbres, retirer les rejets et biner pour exposer au froid les larves d’insectes descendues des troncs. Et encore, chauler si on a le temps, apporter terreau, BRF et fumier en quantité modérée et aussi un peu de corne broyée et quelques pincées de lithothamne.Enfin, réparer les palissages et vérifier les fils et tendeurs mis à rude épreuve par les récentes tempêtes.
Suppression des rejets Binage et apport de lithothamne
Prochaine activité
Ce sera le dernier stage de l’année avant le repos hivernal :
Ces jours-ci, on finit de cueillir les raisins dans le jardin de Cosne où neuf variétés de raisin de table ont été plantées en treille il y a environ 50 ans. Grâce à un ami vigneron, leur forme a été adaptée progressivement d’une treille en cordon double à une forme plus productive et cette année, la récolte est superbe ! La récolte du raisin est une affaire délicate. Il faut être très vigilant sur la maturité des grains car ce fruit n’est pas climactérique, c’est-à-dire qu’une fois cueillis, les raisins ne mûrissent plus. D’où l’importance de bien choisir le moment de la cueillette. On comprend alors toute la complexité des vendanges dans les vignobles car de la juste maturité des grains dépend la qualité du vin. C’est le Roi des Précoces qui a ouvert le ban mi-août, suivi du Prima Noir puis de la Reine des Vignes blanc. Le Perdin blanc a mûri mi-septembre, puis les chasselas doré blanc, rosé et violet. En ce moment, la variété Aladin finit de mûrir, ainsi que le Perle de Csaba blanc. Ensuite il faut procéder au ciselage, c’est-à-dire l’élimination des grains abîmés. Mauvaise surprise cette année. Certaines variétés de raisins ont été attaqués par la pourriture acide : le Roi des Précoces noir, la reine des Vignes blanc et le Chasselas rosé et blanc.
La récolte des raisins se termine et celle des châtaignes commence. D’ici quinze jours, ce sera le tour des kiwis (actinidias), très nombreux cette année.
ALADIN MI AOUTALADIN DEBUT OCTOBRE
Les activités au jardin :
Deux nouveaux emplacements pour des parterres de vivaces ont été préparés à l’occasion du stage ‘Soigner le sol de son jardin’. Toute notre réserve de vieux cartons a été utilisés ainsi que quelques brouettes de fumier décomposé et mélangé à du BRF et quelques bottes de fétuque. Le résultat est assez joli. A la fin de l’hiver, les cartons auront été dévorés par les petites bêtes du sol et on pourra planter directement en place quand le sol sera assez réchauffé au printemps. Quelle joie de penser que le travail se fera sans nous cet hiver !
Prochaines activités
Samedi 14 octobre : atelier sur la multiplication des plantes vivaces
Vendredi 3 novembre : atelier sur le palissage des rosiers lianes et grimpants et les supports pour les rosiers haut buissons.
Cet atelier sera précédé pour ceux qui le désirent d’une vidéo conférence (Zoom) le jeudi 2 novembre à 18h30. Le lien pour la session sera communiqué aux participants au moment de leur inscription.
Jeudi 23 et vendredi 24 novembre : Stage sur la création et la gestion d’un verger
Le calendrier du jardinier : Le travail au jardin fruitier tout au long de l’année
Les 7 et 8 septembre 2023 se sont tenues à Nantes les premières ‘Assises internationales des paysages comestibles fruitiers dans la cité’ Un atelier y a été animé conjointement par Bérengère LE COCQ, ingénieur agronome et spécialisée en arboriculture fruitière et impliquée dans un projet de recherche à Bruxelles qui traite de la place du fruitier en ville en vue d’une résilience alimentaire urbaine (projet ARBRES) et Christine Coulomb, créatrice du Jardin des Merlettes. Ce dernier adhère fortement au thème de ces assises en tant que jardin pédagogique dédié à la formation des adultes, et en particulier à l‘arboriculture fruitière. Le public attendu pour ces assises consistait en grande partie de personnes, élues ou employées de collectivités territoriales en recherche d’informations pour nourrir des projets d’implantations urbaines et péri urbaines d’espaces fruitiers, tant des arbres isolés, des haies fruitières, de petits îlots ou bosquets, voire des vergers ou même des ‘forêts nourricières urbaines’. Il nous a donc semblé utile de mettre en situation ces différents projets et de rappeler le calendrier relativement contraignant des tâches auxquelles une collectivité devra s’attendre suite à la mise en place d’arbres et d’arbustes fruitiers dans ces différents espaces. Plutôt que de présenter le déroulé habituel ‘calendaire’ de ces travaux, nous avons choisi une approche par thème, selon la nécessité à laquelle ils répondent pour les plantes. Cette approche transversale nous a paru plus pertinente pour une première approche de ce qui sera pour beaucoup de toutes nouvelles responsabilités dont une caractéristique fondamentale est la pérennité et la répétition dans le temps. Nous avons choisi 4 angles d’approche qui se complètent pour une vision d’ensemble des travaux nécessaires :
Le cycle biologique des plantes (phénologie) au long de l’année
Le calendrier des dangers qui menacent les arbres et arbustes fruitiers et les fruits qu’ils portent
Le calendrier des soins au ‘milieu’ dans lequel poussent les arbres & arbustes
1 – Le calendrier du jardinier suit le cycle biologique des plantes, ce qu’on appelle la phénologie
En premier lieu, c’est le cycle biologique qui détermine le circuit de la sève dans les plantes. Celui -ci, à son tour, conditionne le rythme de leur pousse, leur résistance, la fermeture des plaies de taille, la création (ou non) de fruits, etc.
HIVERPRINTEMPSETECYCLE ANNUEL DU POIRIER
Par exemple, si l’on considère les périodes pour effectuer les plantations, les tailles et les greffes :
La plantation
Elles’effectue de préférence à l’automne car lesparties aériennes des arbres sont en repos tandis que leurs racines continuent de pousser.
La taille
– Elle est indispensable pour contrôler la croissance des végétaux et assurer une bonne distribution de la sève. On taille parfois quand le fruitier est au repos (taille ‘en sec’), parfois quand il pousse (‘taille ‘en vert’).
– Est-il vraiment nécessaire de tailler un fruitier? Si on veut une bonne production, alors oui .
HIVER : CORDON AVANT TAILLEPRINTEMPS : CORDON APRES TAILLE
– Peut-on tailler tout type de branche ? Une règle, sorte de garde-fou, doit guider le jardinier : il s’agit de permettre à l’arbre de refermer la section de branche qui a été coupée pour faire barrière aux attaques extérieures. Si la plaie ne se referme pas assez vite, des maladies (chancres, nécrose…) s’installeront plus facilement.
– Les règles ne sont pas inscrites dans le marbre : il y a par exemple un débat sur l’élagage des fruitiers à noyaux : est-il mieux de tailler quand l’arbre est au repos et que la sève ne circule pas ou au contraire, quand il est en pleine végétation et que la plaie de taille se refermera mieux ?
– La taille permet uneredistribution de la sève par lelever de dormance de bourgeons et la transformation de dards en bourgeons à fruits (l’induction florale). C’est l’une des fonctions de la taille en vert. Pour être efficace, la taille ‘en vert’ ne doit pas intervenir trop tôt dans la saison, sinon, on ne fait que relancer la pousse de l’arbre. Si elle intervient trop tard, elle perd de son utilité.
HIVERPRINTEMPSETECYCLE ANNUEL DU POMMIER
La greffe
– La période pour greffer est différente selon le type de greffe pratiquée : en fente, à l’anglaise, en écusson, etc… Il s’agira donc de greffe à œil ‘poussant’ ou, au contraire à œil ‘dormant’ .Les greffes en fente et à l’anglaise ont en effet besoin d’une bonne circulation de sève. Le porte greffe doit être bien en sève mais le greffon encore ‘endormi’. En revanche, la greffe en écusson a besoin de moins de sève : la période estivale est donc recommandée.
2- Le calendrier des dangers qui menacent les arbres & arbustes fruitiers et les fruits qu’ils portent
Il s’agit de comprendre le calendrier des attaques par rapport aux stades phonologiques de chaque espèce fruitière.
– On recense les prédateurs, insectes, acariens ou mammifères, et les autres dangers : qu’ils soient dus au climat, à des virus, ou à des champignons (maladies cryptogamiques) …
– Puis on met en regard les dates probables de ces différentes attaques et les stades phénologiques des fruitiers. Le cycle biologique des insectes est très spécifique, que ce soit, par exemple, la propagation des pucerons ou le vol des carpocapses pour les insectes ; ou bien l’ensemencement et l’éclosion des maladies cryptogamiques (monilia, tavelure…)
– Par exemple : il n’y aura pas de pucerons sur un fruitier qui n’a pas encore de feuilles. En revanche, des spores de maladies peuvent se déposer sur ses bourgeons
– Si on est en agriculture ‘bio’, la période à laquelle on effectue le traitement est encore plus importante car on doit être le plus précis possible pour être efficace : On cherche à protéger, voire à favoriser la biodiversité, en arbitrant une action de prévention et les risques encourus si aucune action n’est prise. Mais on évite d’être trop interventionniste, d’où l’intérêt de la prévention.
– Il est utile d’effectuer des comptages pour traiter au bon moment et limiter ainsi les dégâts causés aux arbustes/ arbres fruitiers ainsi qu’à leurs fruits.
COLONIE DE PUCERONSPUCERONS LANIGEREBRANCHE TORDUE PAR DES PUCERONS
Désormais, il faut également prendre en compte l’influence du climat et les évolutions récentes :
– C’est à dire que l’on doit apprendre à à gérer les nouvelles inconnues liées àla violence des perturbations mais aussi le chamboulement des saisons, les gelées tardives, par exemple.
– Il est donc particulièrement utile d’observer le comportement des fruitiers locaux et d’échanger entre professionnels travaillant sur une même zone climatique. Certains fruitiers semblent plus résilients que d’autres. Par exemple les pommiers et poiriers souffrent des gelées tardives au Jardin des Merlettes. En revanche, les kakis souffrent moins car leur débourrement est plus tardif et les kiwis, pas du tout. Il existe également de fortes différences selon les variétés et certaines variétés locales sont plus résistantes.
3- Le calendrier des soins au ‘milieu’ dans lequel poussent les arbres et arbustes fruitiers
On pense en particulier à entretenir la vie du sol et à surveiller la disponibilité en eau pour les plantes.
Entretenir la vie du sol :
– Nourrir le sol (tant pour les racines du fruitier que pour la faune du sol) : en apportant de la matière organique. On privilégiera un jeune compost (1-3 mois max) de fumier d’étable « bio » quand le carbone et l’azote sont encore disponibles et assimilables par la faune du sol. Et on ne l’enfouira pas.
– Le travail du sol (décompactage si nécessaire) pour favoriser l’équilibre eau/air. Certaines périodes sont plus favorables (automne) et respectent le repos nécessaire. En particulier, il ne faut JAMAIS intervenir sur un sol trempé avec des engins lourds.
Surveiller la disponibilité en eau pour les plantes :
– L’arrosageest crucial dans les premières années après la plantation.
– Prendre en compte les températures, l’hygrométrie.
– Penser à étalonner le tuyau d’arrosage pour arroser de façon raisonnée.
Gérer la couverture du sol
– Pour protéger la vie du sol un sol nu est à proscrire, en particulier en été. Au printemps en revanche, on écartera le paillage pour permettre au sol de se réchauffer.
– On doit gérer un compromis entre le désherbage (pour éviter la concurrence hydrique), le paillage (pour protéger la vie du sol) et lagestion des nuisibles (qui nichent sous le paillage).
SOL COMPACTANIMAUX DU SOLCOMPOST
4- Le calendrier des récoltes
Les récoltes elles-mêmes, mais aussi les soins aux fruits avant récolte :
– Éclaircissage, ensachage ou mise sous filet.
– Les insectes et les oiseaux peuvent s’attaquer aux fruits bien avant leur date optimale de cueillette.
Ne pas confondre les dates de récolte et les dates de maturité
– Concept de fruits climactériques : certains fruits continuent à mûrir après cueillette (poires, pommes, kiwis, pêches), d’autres non (fraises ou raisins).
Ce critère (climactérique ou pas) détermine le rythme de cueillette nécessaire
– Les climactériques se récoltent en une seule fois (fruits à pépins)
– Les non climactériques, au contraire, doivent être récoltés très régulièrement pendant une durée donnée (les framboises, fraises, figues…)
Organiser le lieu où conserver les fruits jusqu’à maturité
– Quelle quantité de fruits devra être stockée à quel moment et pour combien de temps.
– La conduite du fruitier (taille et suivi) impacte directement la facilité de récolte.
PETITS FRUITS : CASSIS, GROSEILLES ET FRAMBOISES
5- Et ce qu’on n’arrive pas à faire ‘à temps’ ?
– Les écarts les plus fréquents portent sur la taille et la plantation.
– Est-ce grave de ne pas faire à temps ces tâches jardinières ?OUI, si l’objectif est d’avoir un verger productif et en bonne santé.
Il faut se poser honnêtement la question. Quels services écosystémiques recherche t-on ? La production de fruits, une certaine esthétique, aider la biodiversité, développer la ressource en bois… Une fois les attentes claires, les actions à entreprendre le seront aussi, ainsi que le temps à consacrer au projet, ou pas, et le budget à prévoir, ou pas !
En conclusion
– Au vu du nombre et de la complexité des tâches à accomplir, on comprend l’utilité pour le jardinier de construire une sorte de ‘rétro planning’ adapté auxarbustes dont il a la charge et qui récapitule les actions à conduire.
– Un calendrier personnalisé du patrimoine fruitier est un outil incontournable pour une bonne gestion de celui-ci
– L’utilité deformer les équipes à l’arboriculture fruitière pour acquérir le savoir en interne et gagner en autonomie.
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