Été 2024

Dur dur, le métier de jardinier !

Lors d’un récent voyage en Italie j’ai pu retourner au jardin de la Villa BARBARIGO, à Valsanzibio. Outre de multiples fabriques et jeux d’eau, on peut y admirer l’un des plus beaux labyrinthes d’Italie… hélas, planté en buis. Les pyrales n’accordent aucune relâche aux jardiniers qui doivent les collecter A LA MAIN chaque soir, à la tombée de la nuit, lampe frontale et mains libres : soit 10,000 à 13,000 chenilles par soirée ! Qui après cela osera se plaindre !

Mais les chenilles sont également présentes en France et ont causé de gros dégâts aux Merlettes où nous avons subi plusieurs invasions successives. Cette fois, elles se sont attaquées aux bourgeons de pommiers et poiriers. Et du coup, il n’y aura pas de récolte cette année. Ci-dessous, deux photos du flag !

Autre difficulté : les pluies diluviennes ont rendu le travail bien difficile au jardin. Devenu jungle infranchissable par la montée des herbes, on en perdait le dessin des parterres et la piste des allées : Impossible de faucher jusqu’à la troisième semaine de juin ! Mais ces pluies ont eu un bon côté : les rosiers ont explosé et tous les arbres ont poussé de 20 à 80 cm. Et on a assisté à de véritables résurrections: le sassafras mort l’hiver dernier offre des repousses à son pied et il s’est apparemment ressemé. Le Cornus Florida revit et les Fothergillas ont enfin démarré. Au passage, cela nous donne une idée de toute l’eau qui leur a manqué les années précédentes en raison de la sécheresse et de nos arrosages sans doute trop chiches.

Les températures encore clémentes jusqu’à la mi juillet nous ont  permis d’installer de nouveaux parterres de vivaces. Le petit dernier présentera une association d’alchémilles et tulipes, puis d’iris au printemps (germanica jaune d’or & noir de suie), iris pallida et iris spurria bleu roi. L’été sera dédié aux phlox (blancs), géraniums vivaces et pavots roses (somniferum). Objectif zéro entretien, comme les autres. Ci-dessous, le parterre aux pivoines qui montre un joli contraste entre graminées et euphorbes (à droite) et le parterre aux lysimaques qui met en valeur les couleurs chaudes des hémérocalles (à gauche).

Actuellement, la canicule sévit et on ne peut guère travailler au jardin que le matin. Une dernière fauche générale avant les vacances, un peu de taille en vert, en particulier sur les poiriers qui ont beaucoup poussé. Et on va pouvoir profiter du temps libre pour récolter les graines de nos fleurs et cueillir les mûres de tous nos ronciers. Cette année enfin, elles profitent à la fois de chaleur et de beaucoup d’eau. La récolte est donc exceptionnelle, tout autant que la remontée des framboisiers qui s’annonce très belle ! 

Alors, joyeuses vacances à tous et ‘à la rentrée’, pour de nouvelles aventures jardinières ! 

22 avril 2024 : frais mais bien fleuri !

Il fait encore bien frais mais le printemps avance vers les beaux jours. C’est la fin de la saison de taille et on passera bientôt aux éborgnages et ébourgeonnements puis à la taille en vert, en début d’été. Au jardin, le sol se réchauffe doucement et les vivaces pointent leur nez. S’approche le moment de reprendre et compléter les mixed borders.

Pour l’instant on finit de tailler les arbres fruitiers

Pour les arbres palissés on mêle tradition et innovation au gré des besoins pour ajuster la forme des arbustes et leur taille au flux de leur sève. Car on a parfois de mauvaises surprises quand la variété est trop poussante et/ou la forme choisie trop contraignante par rapport au porte greffe ou au sol du jardin. Étant tombés hardiment dans ce piège, nous conduisons au jardin des expériences de changement de forme en cours de croissance. L’aventure est passionnante et les résultats très encourageants, témoin ces pommiers ‘Jonagold’prévus à l’origine pour être formés en trois cordons bilatéraux superposés et repris ‘à la diable’. 

Pommier Jonagold conduit à la diable

Le pêcher ‘Brugnon blanc’ se prête bien, lui, à une conduite assez rigoureuse. Il porte des fruits en abondance et qui mûrissent bien, étant bien exposés au soleil grâce à une taille très courte au printemps. Les stagiaires ont pu s’entraîner à cet exercice lors du stage de taille des fruitiers à noyaux. Deux impératifs cependant, éclaircir les fruits et soigner la taille en vert, un exercice qui prend chaque année plus d’importance dans notre programme de taille.

Taille du brugnon blanc

La taille en vert… mais pas que…

On procède tout d’abord à l’éclaircissage des fruits, dès qu’ils sont bien formés, c’est-à-dire de début mai à début juillet, selon les espèces. Et on profite de ce passage minutieux dans les arbustes fruitiers pour éborgner et ébourgeonner. On procèdera ensuite à l’arrachage des rameaux mal placés (sur ou sous les cordons) puis, enfin, et seulement lorsqu’environ huit feuilles auront poussé sur les nouveaux rameaux, on procédera à la taille ‘en vert’, c’est à dire au sécateur.
Les étapes préliminaires sont largement aussi utiles que la taille en vert proprement dite. C’est aussi l’occasion de faire un diagnostic sanitaire du jardin fruitier : quels dommages ou attaques a-t-il subi ? Nos traitements ont-ils été utiles ? Suffisants ?
Tous ces points sont au menu du stage de taille en vert des arbres fruitiers les jeudi 4 et vendredi 5 juillet. En général une découverte pour ceux qui y participent… et ne le regrettent pas !

Réserver votre stage de taille ‘en vert’

Suppression d’une pousse sur cordon

L’ortie, aliment pour nous et cure pour le jardin

Les premières récoltes au jardin sont celles des orties, dès la mi-mars. On les récolte quand elles ne mesurent qu’une trentaine de centimètres et que la tige est très tendre. Le bouquet final est consommé en légume (il adoucit tous les potages) ou gratin (délicieux avec les raviolis du Dauphiné), par exemple. Et la tige et les feuilles servent aux décoctions et purins pour soigner le jardin.
Car le débourrement est encore en cours qu’il faut déjà penser à protéger les arbres contre tous ceux qui sont prêts à les dévorer et à les abîmer, insectes et maladies. On a déjà effectué en mars les traitements contre la tavelure, quand les bourgeons s’ouvraient à peine. Maintenant, on surveille les chenilles, très présentes cette année. Tant que le mal est contenu, on les laisse agir, pour nourrir les oiseaux du jardin. Mais la lance est prête. L’an dernier certains arbustes ont été entièrement défoliés. Certains s’en sont bien remis, d’autres moins bien.

Chenille toute jeune

Après les soins aux fruitiers, c’est au tour des parterres de fleurs

A partir du mois d’avril, le sol se réchauffe doucement au jardin et les mois de mai et juin sont très propices à l’installation de plantes vivaces. Nous organisons un stage sur la création et l’entretien des parterres de vivaces les jeudi 20 et vendredi 21 juin. L’occasion de créer deux nouveaux parterres (mixed borders) aussi simples à entretenir que fournis en fleurs tout au long de l’année. Le sol a été soigneusement préparé à l’automne et on réfléchira sur sa protection contre de possibles canicules. On reprendra cette réflexion en juillet, à l’occasion du stage sur l’adaptation du jardin aux changements climatiques.

Réserver votre stage de création de parterres de vivaces

Parterre libre en automne

A bientôt, au jardin !