Le verger palissé

Ce verger compte près de 200 arbres fruitiers, certains en formes fruitières palissées et d’autres en gobelet, en colonne ou en axe. Il a été paysagé autour d’un espace qui sert de salon d’été et permet les réunions et discussions avec les stagiaires. On peut de ce point central observer l’évolution des arbres tout au long de l’année et profiter de la beauté de leurs fleurs, de leur feuillage… et de leurs fruits !

Un jardin d’été au milieu du verger palissé

16 grandes haies fruitières ont été plantées en contre espalier en novembre 2006 pour servir de support aux stages d’arboriculture fruitière. Les formes sont variées : cordons uni ou bi latéraux, U simples et doubles, croisillons, fuseaux, etc. On y compte 8 variétés de pommiers, 9 de poiriers, ainsi qu’un rang de 9 cerisiers différents, conduits en palmettes.

Une fiche décrivant la forme fruitière choisie est installée au bout de chaque rang pour donner les détails techniques relatives à la forme fruitière et à la variété choisies. Par exemple, ci- dessous, pour le poirier Dr Jules Guyot mené en tri croisillon.

Les formes fruitières présentes au jardin comprennent des cordons simples, doubles, triples, unilatéraux et bilatéraux, des palmettes à deux, trois ou quatre branches, verticales et Verrier ainsi que des gobelets, des axes et des fuseaux. Le but est de montrer aux visiteurs la grande variété de formes possibles : ci dessous de gauche à droite
– premier rang : cordon horizontal bilatéral, cordon horizontal bilatéral triple, fuseau
– second rang : palmette trois banches, palmette Verrier quatre branches, palmette verticale double tige.

Monter une forme fruitière demande un peu de patience, bien sûr. Mais les premiers fruits ( la ‘mise à fruits’) viennent assez rapidement. Le poirier ci-dessous a été planté en novembre 2006 et il a porté quelques fruits dès l’été 2009. Bien sûr, la récolte était modeste, mais déjà de qualité. Et chaque année les coursonnes s’étoffent et il faut désormais nettement plus de temps pour soigner chaque rang, éclaircir les fruits et les protéger contre les frelons. Mais quelles récoltes !… les années sans gel, bien entendu.

Ces alignements en contre espaliers plutôt qu’en espaliers (contre un mur) sont très pratiques pour les stages organisés au jardin. Cela permet aux stagiaires de se placer des deux côtés du rang et de discuter ensemble pendant les exercices pratiques ainsi que de bien voir les arbres en transparence. Les rangs sont assez courts (dix arbres) ce qui permet à chaque stagiaire de tailler son propre arbre, après la démonstration en groupe. Le nombre de participants est en effet limité à huit. On peut ainsi tailler plusieurs formes fruitières au cours d’un même stage et décider le style qui convient le mieux à son espace… et à son sécateur. Certaines formes sont en effet très simples à conduire et d’autres beaucoup plus difficiles et longues à monter, comme la palmette verticale ci dessous.

Poirier ‘Louise Bonne d’Avranches‘ en Palmette verticale double tige

L’intérêt des formes fruitières est de produire des fruits d’une qualité exceptionnelle, beaux et bons ! Vous voyez ci-dessous deux photos du même poirier conduit en fuseau, de variété ‘Beurré Hardy‘ à la chair fondante et délicieuse, prises en 2011 (à 4 ans) et en 2020 (à 13 ans). Il lui faudra encore quelques années pour atteindre sa taille maximale et il produira ensuite pendant des dizaines d’années, sauf accident climatique, bien sûr.

Si nous avons l’habitude des pommiers et poiriers palissés, nous sommes moins familiers avec la conduite d’autres arbres qui s’y prêtent pourtant très bien. Au Jardin des Merlettes, nous sommes particulièrement satisfaits de deux expériences qui ont assez bien réussi avec des cerisiers et des cognassiers.
Les cerisiers sont traditionnellement palissés en Roumanie dont la confiture de cerises noires est un plat national. C’est bien plus simple pour tailler les arbres d’opérer sur des branches assez basses (3 mètres maximum). Et l’arbre est bien moins encombrant qu’un grand gobelet du Vaucluse. Cela convient donc très bien à un jardin particulier. Le palissage doit bien sûr être réalisé avec des arbres greffés sur des porte greffe nanifiants, du type Colt ou Maxma Delbard. Et il est très agréable ensuite de cueillir les cerises à portée de main. On peut choisir celles qui sont juste à mâturité.

Les cognassiers présentent souvent une certaine fragilité car leurs fruits sont très lourds comparés à la taille des branches qui les portent, souvent assez fines. Les branches cassent sous le poids des fruits. Une taille régulière est donc indispensable. Elle permet de construire une structure de branches charpentières ornées de coursonnes courtes mais plus trapues qui seules porteront les fruits. Et en plus, ces cognassiers (ici menés en gobelet) sont très décoratifs tant au printemps, au moment des fleurs, qu’à l’automne quand il sont tout dorés.


Et nous expérimentons également des formes fruitières moins régulières et plus faciles et rapides à monter, comme ci dessous, ce pommier ‘Jonagold‘ conduit ‘à la diable’. Une bonne introduction pour les débutants en arboriculture !

En plus de toutes ces plantations gourmandes, nous avons choisi de paysager ce verger en y ajoutant beaucoup de fleurs. Un peu intéressés aussi par tous les insectes que ces fleurs attireraient. Le résultat est un espace très paisible et soigné. Il est égayé par quelques pommiers à fleurs qui offrent une explosion de fleurs au printemps.

Ce qu’on apprend dans cet espace du jardin :
– en hiver, la taille des arbres palissés ou en forme libre,
– au printemps, les tailles en vert : palissage, effleurage et pincements,
– à l’été, l’éclaircissage et l’ensachage, et des tailles en vert, encore
– à l’automne, la récolte et la conservation des fruits, ainsi que les préparations nécessaires pour planter de nouveaux arbres. La plantation et la gestion du verger : variétés à choisir, porte-greffes et plantation elle-même. Également, les soins à apporter pour lutter contre les insectes et maladies,