La taille des glycines

25 août 2018

La glycine est l’une des lianes le plus aimées des jardiniers. Elle est partout, en vile, à la campagne. Dans les jardins et sur les terrasses.

Mais c’est aussi l’une des plantes qui constitue l’un des plus grands casse-tête pour les jardiniers : c’est le sujet le plus lu de notre blog et nous avons déjà répondu à des centaines de questions.

Alors, que faut-il faire pour que sa glycine fleurisse : que faire et quand ?

 

La glycine : une plante qui se prête à des formes très diverses

Je n’avais pas compris l’art des glycines…  Jusqu’à ce que je rencontre les glycines de Kew Gardens, près de Londres : un tronc énorme, au ras du sol, des petites branchettes qui s’attachent au tronc et forment de fragiles constructions. Et, en avril, une marée de fleurs.

Ensuite j’ai rencontré d’autres glycines : les japonaises, dans les jardins de Tokyo tout d’abord. Hors saison, on les distingue à peine, et soudain, c’est une guirlande de fleurs bleues, blanches, mauves, panachées, dont certaines grappes font 30 cm ou plus. J’ai vu aussi des glycines dans les jardins indiens, près de Lucknow, des écrans de verdure…

C’est toujours la même plante, mais des esthétiques différentes. Elles sont toujours époustouflantes et s’accommodent de formes très variées : un tronc qui court au sol, une pergola simple, une treille simple ou à plusieurs brins, une forme en parapluie…

Alors, que faut-il faire pour obtenir ce résultat ? Que faire , et quand ? Il y a deux questions principales auxquelles je devais répondre : Quoi et quand tailler ?

Comment tailler une glycine

En observant la glycine, on remarque que les bourgeons de fleurs se forment début avril sur les pousses de l’année précédente. On peut donc tailler en mars, juste au-dessus d’un bourgeon bien identifié comme un bourgeon à fleurs. Non seulement la taille ne gêne pas la floraison mais on voit mieux les grappes puisque les tiges sont mieux dégagées.

Mais comment donner à la plante cette belle forme étagée pour imiter cette glycine de Kew, avec ces petites branchettes si élégantes, les coursonnes, bien réparties tout le long de la tige ? Car c’est le point commun à toutes ces formes : les coursonnes, ces petites branchettes qui s’étagent le long du tronc et qui portent les grappes.

Pendant sa période de végétation, une glycine s’allonge fortement. Elle émet de grandes pousses qui courent au sol ou le long du support. Lorsque ces pousses sont coupées ou cassées par hasard, la glycine émet de nouvelles branches sur les deux ou trois bourgeons en amont de cette blessure.

Donc, pour créer des branches secondaires, il suffit de raccourcir la pousse de l’année. C’est très intéressant car on peut utiliser cette remarque de plusieurs façons. Si on veut des pousses secondaires, on voit comment faire. Et on peut choisir où l’on veut voir ces pousses démarrer : par exemple, si pour une raison ou une autre, on souhaite laisser un endroit nu, on peut laisser ‘filer’ la plante et reprendre la taille un peu plus loin, peut-être 50cm, peut-être même davantage. Ça peut être très pratique.

Ensuite, il ne reste plus qu’à suivre notre idée. On taille la branche, elle émet des pousses secondaires. On les laisse pousser puis on les retaille

Voir le stage ‘Taille des lianes et arbustes d’ornement »

Le cycle de la plante tout au long de l’année

Fin mars, la plante débourre et commence à former des bourgeons sur le bois de l’année précédente. Dès que ces bourgeons sont bien visibles, on taille chaque branche au-dessus d’un ou deux bourgeons, on n’en laisse pas davantage.

La glycine prête à éclore

Lorsque les fleurs sont fanées, les feuilles apparaissent, plus ou moins vite, selon les variétés et la pousse reprend. On laisse la pousse s’établir

Vers la mi-juin ou le début du mois de juillet, on taille ces nouvelles pousses pour redonner une forme plus compacte à la glycine. C’est un grand ménage, ce que l’on appelle une taille ‘en vert’ (c’est à dire, sur une plante en pleine sève).

Après une période de repos, la pousse reprend, parfois des fleurs se forment vers la mi-août et l’on a une nouvelle floraison mi-août début septembre, moins importante que celle d’avril et moins spectaculaire car les fleurs sont en grande partie cachée par les feuilles. En 2018 par exemple, cette remontée de floraison est très belle, mais très ‘fouillis’.

Floraison d’été

Donc, dès que cette seconde floraison est finie, on taille de nouveau la glycine, en septembre ou début octobre. On a en tête la floraison du printemps suivant. On raccourcit donc à leur tour les nouvelles pousses de l’été et on simplifie les coursonnes. Cette taille d’automne est très importante. On serait tenté de dire « J’ai assez travaillé sur cette liane, laissons la tranquille et on reprendra tout cela au printemps ». Mais le fait de tailler en septembre permet aux bourgeons qui restent sur les branches  d’être beaucoup mieux irrigués de sève. Cela favorise l’induction florale, c’est à dire la formation de bourgeons à fleurs. Et la taille de mars en sera grandement facilitée.

On profite également de la taille de septembre pour simplifier les coursonnes, ces petites branchettes qui s’étagent le long des branches principales et qui portent les grappes de fleurs. Elles s’organisent en pattes d’oie successives à trois ou quatre embranchements et le résultat peut devenir compliqué. De plus, si la glycine est bien floribonde chaque embranchement  portera au moins une grappe de fleurs ce qui donnera une impression de ‘paquet’. Il faut donc limiter leur nombre. Si vous commencez dans l’art de tailler les glycines, vous aurez du mal à effectuer cette opération car vous penserez ‘quelle erreur : je n’aurai jamais trop de fleurs !’. Mais au bout de deux ou trois ans, quand vous prendrez confiance après avoir observé le cycle de floraison, cela vous viendra tout naturellement.

Et pour continuer votre lecture sur les glycines, allez voir notre article du blog « Taille et floraison des glycines« .


Laisser un commentaire