La taille d’été des rosiers

25 juillet 2018

Ce podcast explique pourquoi on doit tailler les rosiers en été, quels rosiers tailler et comment. Et bien sûr, on vous parle des gourmands qui intriguent tant de jardiniers.

Les rosiers ont une réputation de rusticité et c’est souvent le cas. Mais pour un résultat optimum, il faut s’occuper d’eux plus souvent qu’une fois par an. Rien de bien compliqué et nous vous proposons quelques repères pour vous aider et vous assurer une floraison digne de votre jardin.

On choisit entre deux stratégies bien différentes selon les rosiers auxquels on a affaire

  • Sur les rosiers remontants: on se contente de supprimer tailler les fleurs fanées et les fruits éventuels
  • Sur les rosiers non remontants, la taille que l’on va effectuer est la taille principale de l’année

La taille d’été des rosiers remontants

On les appelle ‘Remontants’ car ils peuvent fleurir plusieurs fois dans l’année.  Mais il existe quelques conditions pour que ces rosiers refleurissent , et, en particulier, il faut supprimer leurs fleurs fanées.

Rosier ‘Félicia’

Certains rosiers se débrouillent tout seuls : leurs fleurs fanent, se dessèchent puis tombent et ils continuent à pousser et préparent de nouvelles hampes de fleurs : par exemple ‘Pierre de Ronsard’, ‘Mozart’, ‘Reine des Violettes’, ‘Jubilé du Prince de Monaco’.

Mais d’autres rosiers forment des fruits, et parfois de très gros fruits. Par exemple ‘Mme Butterfly’, ‘Mme Édouard Herriot’, ‘Aloha’, ‘Elizabeth Stuart’… Or si un fruit est en formation, il n’y aura pas ou peu de nouvelles pousses, et donc pas de nouvelles fleurs sur le rosier.

Fruits du rosier ‘Madame Butterfly’

Donc, il faut enlever ces fruits, quelle que soit la forme du rosier : les petits et les grands buissons mais aussi les rosiers tiges, les pleureurs et les grimpants. On taille largement en dessous de la rose fanée et on ne laisse que trois ou quatre feuilles.

Cette méthode n’est pas universelle. Récemment, un journaliste jardinier anglais, Robin Lane Fox, faisait remarquer dans sa chronique hebdomadaire du Financial Times que les rosiers anglais, s’ils étaient traités comme nos rosiers français, ne tarderaient pas à rendre l’âme. Histoire de climat ? Toujours est-il que notre système marche plutôt bien de ce côté de la Manche.

Et bien sûr il faudra renouveler l’opération de taille lorsque les rosiers auront refleuri. A partir d’octobre, on pourra laisser les fruits grossir sur certaines variétés qui en ont de très jolis (des rosiers Rugosa comme Hansa, le rosier Sénégal, certains rosiers botaniques comme Moyesii …)

Rosier ‘Moyesii’

Fruits du rosier ‘Moyesii’

 

Les rosiers non remontants

Pourquoi les tailler en été ?

Ils ont fleuri tôt au printemps, en formant leurs grappes de fleurs directement sur le bois de l’année précédente. Ils n’avaient donc pas beaucoup de bois à former, et c’est pour cela que leur floraison est très précoce et abondante. Mais après cette floraison, plus rien. Ils vont simplement profiter de la fin du printemps et de l’été pour former le bois sur lequel viendront les fleurs l’année prochaine.

Le rosier est une plante basitone, c’est à dire, qui pousse de la base. Chacune de ses branches a vocation à être renouvelée tous les 4 à 5 ans environ. Au-delà de cette durée, la branche commence à s’abîmer. On supprime donc A LA BASE les pousses qui ont déjà porté des fleurs au moins 3 ans et environ un mois plus tard, on voit de nouvelles pousses qui partent du pied du rosier. C’est cette taille que l’on étudie lors du stage qui a lieu fin juin.

Les rosiers ainsi taillés semblent un peu déplumés au départ. En gros, on enlève une branche sur 3 ou une branche sur 4, comme on le ferait pour des groseilliers. Et cela fait un grand vide. Voyez ci-dessous le résultat pour le rosier ‘Albertine’ conduit en pleureur.

Mais cette taille est indispensable :

  • Pour les rosiers buissons, cela permet d’apporter de la lumière au centre de l’arbuste et favorise les jeunes pousses.
  • Pour les rosiers grimpants, cela limite le volume de sève nécessaire en haut du rosier et cela permet à de nouvelles pousses de se fortifier et, à terme, de devenir les nouvelles charpentières.

Exemple de taille d’été sur le rosier pleureur ‘Albertine’

Nouvelles pousses un mois plus tard

Après taille d’été

Avant taille d’été

 

 

 

 

 

On élimine ces branches à la base parce que cela permet d’entamer un vrai cycle de quatre ans sur ces nouvelles branches. Pour fleurir, le bois des rosiers a besoin d’être jeune. On effectue donc ce nettoyage tous les ans, en hiver pour les rosiers remontants et en été pour les rosiers non remontants.

Une question fréquente concerne les branches à supprimer : comment les choisir ?

C’est simple. On doit supprimer les plus anciennes et pour les reconnaître, il faut observer la couleur du bois.

  • La première année, au tout début de sa pousse, le bois est rouge ou vert clair, translucide au départ puis vers la fin du mois d’août, il devient vert plus foncé ou parfois un peu jaune. On peut alors l’attacher sur un support comme on le montre aux élèves qui viennent au stage de palissage des rosiers en septembre.
  • La seconde année, la pousse a en général beaucoup forci, le bois est vert jaune et des fleurs se forment directement sur la branche, tout au long de la branche.
  • La troisième année, le bois est beaucoup plus gris, des petites branchettes se sont formées à l’aisselle de chaque feuille au cours de l’été précédent, c’est elles qui vont fleurir.
  • La quatrième année, de nouvelles fleurs se forment le long de ces mêmes branches, mais la floraison est beaucoup moins abondante.

Comment savoir si une pousse à la base d’un rosier est une nouvelle pousse ou un gourmand  ?

Il y a plusieurs indices :

  1. La couleur peut vous aider : si la nouvelle tige est rouge, c’est toujours une pousse de rosier, pas d’églantier (voir ci dessous la photo du rosier ‘Mme Létuvée de Colnet).
  2. Une nouvelle pousse doit partir de la greffe, pas des racines. Mais de nouveau, il y a un bémol : car cela n’est pas vrai pour les rosiers botaniques qui sont capables de faire des rejets à partir des racines, (assez) loin du pied initial.
  3. Le nombre de pétioles sur les feuilles : le rosier cultivé en a le plus souvent 5, l’églantier 7, mais voilà, ce critère n’est pas non plus absolument fiable, comme vous pouvez le constater ci-dessous, sur les pousses du rosier botanique ‘Fedtschenkoana’.

    Rosier ‘Madame Letuvée de Colnet’

    Rosier botanique ‘Fedtschenkoana’

 

 

 

 

 

 

 

 

Et si vous voulez compléter ce dont nous avons discuté ici, allez sur le blog de notre site voir l’article sur la taille des rosiers en été .

Pour aller plus loin…

Bibliographie

FUCHS H. (1959). Rosiers. La Maison Rustique Paris.

HARKNESS, J.L. (1979). Roses : Les Plus Belles Roses du Monde et Comment les Cultiver. Encre.

Glossaire

Aoûtement

Rigidification des tissus qui se produit en fin d’été (typiquement au mois d’août, d’où son nom). Appelée aussi lignification, elle est permise par la formation de lignine, composant principal du bois.

Arcature

Inclinaison des pousses d’un végétal pour favoriser la mise à fleurs ou à fruits.

Induction florale

Formation des bourgeons floraux. Elle a lieu l’année précédant la floraison, ou la même année que la floraison, selon les végétaux.

Palissage

Fait d’attacher un végétal à un support en organisant les branches de telle façon qu’elles présentent un angle favorable à la floraison et/ou à la fructification.

Remontant

Un rosier est remontant s’il refleurit jusqu’en fin d’été voire début d’automne après sa première floraison. A ne pas confondre avec « grimpant » !

 

 


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