La roseraie

1 Vue générale

Plantée en décembre 2006, elle compte plus de 250 rosiers répartis en 115 variétés qui se sont établis dans le sol argileux de Puisaye, sur ce plateau aéré et ensoleillé. Quand nous avons commencé les plantations, nous avons pensé que le lieu était idéal : un vaste espace, bien ensoleillé, bien aéré, au sol argileux et profond.

Mais nous avons dû déchanter. Si le vent qui souffle parfois bien fort sur notre plateau poyaudin évite l’implantation des maladies (pas d’oidium ni de marsonia au jardin des Merlettes…), en revanche, certains rosiers ont beaucoup de mal à résister à la rigueur hivernale. Maintenant que les autres arbustes et haies ont bien poussé, il y a moins de corridors de vent et la roseraie est un peu mieux protégée, mais nous avons dû remplacer beaucoup d’arbustes trop fragiles. Rien de tel que la nature pour garder le jardinier modeste !

Plan de la roseraie (PDF)

Les parterres

La collection est organisée en douze parterres qui comptent plus de 90 variétés. Le premier rang de chaque parterre est planté d’un rosier paysager, de conduite très facile.

Astronomia

Astronomia. Hybride moderne. Meilland 2006

Zambra

Zambra. Floribunda. Meilland 1993.

Lavender Dream

Lavender Dream. Hybride moderne. Ilsink 1984

Quelques rosiers de premier rang des parterres

L’évolution des rosiers nous a également réservé quelques surprises. Le sol du jardin est très ‘poussant’ et certains rosiers, ‘Astronomia’ par exemple, censés atteindre quarante à cinquante centimètres, une hauteur raisonnable pour un premier plan, dépassent quatre vingt centimètres chaque année, dès leur seconde floraison (ils sont rabattus quasiment au niveau du sol en hiver).

Le second rang des parterres est formé d’une collection de rosiers haut buissons, rosiers modernes ou anciens, sans a priori. Outre leur beauté, les rosiers ont été choisis pour leur caractère remontant et leur résistance aux maladies. Comme expliqué plus haut, nous avons sous estimé la rigueur du froid hivernal, aggravée par un vent d’ouest puissant. La plupart des rosiers sont assez rustiques, surtout les variétés Gallica et Rugosa, et résistent bien, mais d’autres, en particulier certains rosiers thé, Bourbon ou Noisette sont une exception notable. Facteur aggravant : le sol est mal drainé par endroits. Voici un bouquet de quelques uns des plus vaillants. Ces photos ont été prises au mois d’août après un printemps très sec et sans qu’aucun arrosage n’ait été effectué. En revanche, la taille d’été a été soignée, ce qui a évité à ces rosiers d’utiliser leur vigueur pour produire des fruits.

1 Rosier Evêque

Le Rosier Evêque (‘The Bishop’). Gallica /centifolia. Origine inconnue, avant 1790.

2 Molineux

Molineux. Hybride Moderne David Austin 1994.

3 Monte Cristo

Monte Cristo. Hybride moderne. Eve 2001

Francis Jammes

Francis Jammes. Hybride Moderne. Horner 2006.

Reine des Violettes

Reine des Violettes. Hybride remontant. Millet Malet 1860.

Rose des peintres

Rose des peintres. Rosa X Centifolia ‘major’. Caucase ? XVIème siècle

Rush

Rush. Hybride moderne. Lens 1986.

Sarah van Fleet

Sarah van Fleet. Rugosa. Van Fleet 1912.

Westerland

Westerland. Hybride moderne. Kordes 1969.

Quelques rosiers buissons

Les parterres sont assez étroits pour qu’un groupe d’élèves se place tout autour et que chacun puisse tailler un rosier sous la direction du moniteur de stage.

Voir le stage de taille d’été des rosiers

Les rosiers tiges

La silhouette des rosiers tiges, greffés en tête, est parfois un peu disgracieuse car ils ne sont pas toujours aussi vigoureux que les rosiers greffés en pied. Les seuls rosiers tige du jardin, deux rosiers ‘Philippe Noiret’ se sont bien adaptés au jardin et présentent le port recherché, une véritable gerbe de roses de juin à octobre. Cependant, il a fallu adapter la grosseur des tuteurs à la force du vent et remplacer les rosiers en 2018  : Nous avons bien dit que les conditions sont rudes au Jardin des Merlettes ! Cette variété magnifique a été sélectionnée dans le cadre de la prestigieuse All America Rose Selection (USA).

4 Tiges

Rosiers tige ‘Philippe Noiret’. Hybride de thé. Meilland 1998.

Les rosiers pleureurs

Les petits rosiers plantés en 2007 ont bien grandi ! (photo de gauche en juin 2008 et à droite en juin 2011). Parfois ils nous offrent une seconde floraison en été, en fonction des conditions climatiques et aussi quand nous prenons  le soin d’ôter soigneusement à la mi-juillet toutes les fleurs fanées (photo du milieu), en plus de la taille annuelle que nous effectuons également à cette période. Pour ces rosiers aussi il a fallu renforcer le haubanage car le poids des fleurs est très important pour un tronc relativement frêle et une cascade de fleurs qui offre une grosse prise au vent.

1 2008 062 Taille d'été3 2011 06

Les rosiers pleureurs sont :

  • à gauche  ’Albertine’, Hybride de Luciae, Barbier 1920,
  • au milieu : ‘Albéric Barbier’, Hybride de Luciae, Barbier 1900
  • et à droite : ‘Paul Noël’, Wichuraiania, Tanne 1913.

L’origine des roses du Jardin des Merlettes (PDF)

La grande pergola

Elle comprend 6 portiques de 3 mètres de haut et 3 mètres de large supportant chacun 4 rosiers identiques. Un endroit incontournable pour apprendre à conduire les rosiers grimpants en guirlandes de roses, pièces maîtresses d’un jardin de roses…

Les rosiers ont tous été choisis pour leur grand développement et leurs couleurs de pois de senteur. Mais les variétés plantées sont très différentes dans leur port. ‘Pink Cloud’ est sarmenteux et facile à conduire. Le wichuraiana ‘Veilchenblau’ demande à celui qui le taille de faire preuve d’un peu d’anticipation, tant son démarrage est puissant au printemps. Quant aux noisettes ‘Mme Alfred Carrière’ et ‘Aimé Vibert’, ils sont beaucoup plus fantasques et requièrent plus de travail… et de savoir faire.

1 IMG_1997

Mme Alfred Carrière. Noisette. Schwartz 1879.

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Premier plan : Duchesse d’Auerstadt. Noisette. Bernaix 1888. Second plan : Pink Cloud. Hybride Moderne. Boerner 1952.

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Premier plan, Aimée Vibert. Noisette. Vibert 1828. Arrière plan : Veilchenblau. Wichuriana. Schmidt 1909.

Cette promenade embaumée se mérite. D’une part, il faut faire très attention aux variétés que l’on choisit car, selon les effets recherchés, on n’obtient pas du tout le même résultat en fonction des rosiers que l’on plante. Souhaite t’on plutôt privilégier un fleurissement régulier tout au long de la saison ? On choisira plutôt des hybrides modernes, en particulier des hybrides de thé ou noisette dont la remontée est bien régulière. Ou veut on profiter de l’exubérance des rosiers non remontants dont la floraison ne durera que trois semaines à un mois mais dont la splendeur restera dans nos mémoires toute l’année ? Et il faut bien sûr réfléchir également à la rusticité relative de chaque variété, un critère dont nous avons appris à apprécier l’importance à nos dépens et sur lequel nous sommes désormais bien capables de renseigner nos visiteurs.

Participer à la formation : Choix et plantation des rosiers au Jardin des Merlettes

Pour le jardinier, il est utile d’établir un programme de taille annuel en fonction des variétés choisies :

  • Les variétés remontantes seront taillées assez sévèrement en hiver, puis régulièrement nettoyées après chaque floraison pour éviter que les fruits qui se forment nuisent à la remontée des fleurs.
    • Les variétés non remontantes seront à peine épointées au printemps, pour supprimer des terminaisons parfois disgracieuses. En revanche, elles seront sévèrement taillées fin juin, après la floraison de la fin mai. Cela permettra de susciter des pousses à la base de la plante et donc de renouveler la charpente du rosier. La floribondité des rosiers gagne énormément au renouvellement systématique de ses branches. Mi-septembre, ces nouvelles pousses seront attachées pour se rapprocher de la forme souhaitée, qu’il s’agisse d’un palissage le long d’un mur, d’une pergola ou d’une colonne. En fin d’automne ou en hiver, après l’aoûtement des tiges, les attaches seront resserrées et le rosier installé sur son support de façon plus définitive.

Pour coller au mieux à ce calendrier de soins, nous proposons donc trois stages de taille bien différents : en mars, en juin et en septembre.

Voir le calendrier des stages de taille de rosiers au Jardin des Merlettes

Les rosiers botaniques

Nous nous sommes laissé tenter par ces délicieuses fleurs au parfum souvent envoûtant et avons tout d’abord planté un petit espace dédié aux rosiers botaniques autour de la fontaine aux papillons. Si leurs fleurs ne sont pas toujours très impressionnantes, leurs fruits et leurs épines sont eux, souvent remarquables.

Moyesii

Moyesii. Ouest de la Chine. Vers 1900

Au fil des ans, la collection s’est élargie et la roseraie compte maintenant environ une vingtaine de variétés de ces rosiers atypiques, parfois complètement naturels, comme la rose Rubrifolia Glauca (découverte par Pourret en 1788) aux magnifiques fruits d’automne ou la rose Californica Plena (Geschwind 1894) et  parfois des obtentions ‘à la manière de ‘ comme la Belle des Jardins, un rosier gallica obtenu par Guillot en 1872.

Les rosiers grimpants et lianes

Même s’il est un jardin de promenade, et parfois enchanté quand les roses embaument, le Jardin des Merlettes est avant tout un jardin pédagogique qui doit permettre aux stagiaires de se familiariser avec toutes les formes des arbustes. La roseraie ne serait odnc pas complète sans la collection de rosiers grimpants, sarmenteux et lianes qui ornent la clôture sud du jardin. Ils ont été plantés tout exprès pour servir de supports à des exercices pratiques. La collection comprend des rosiers de grand développement comme Wedding Day, Cécile Brünner, Aviateur Blériot, plantés en alternance avec des rosiers de taille plus réduite. Le grillage est un support très facile à utiliser et qui permet aux élèves de se positionner des deux côtés des rosiers et de bien observer ainsi la façon dont ils poussent.

Alchemist

Alchemist. Hybride moderne. Kordes 1956.

Wedding Day

Wedding Day. Hyb sinowilsonii. Stern 1950.

Zéphirine Drouhin

Zéphirine Drouhin. Bourbon. Bizot 1868.

Ce qu’on y apprend

La taille d’hiver bien sûr, mais aussi les tailles d’été, tout aussi indispensables pour faire refleurir les rosiers. En juillet, pour régénérer les rosiers non remontants et pour supprimer les roses fanées sur tous les buissons. En septembre, on apprend à ‘draper’ en douceur rosiers lianes et grimpants et à ne plus confondre les nouvelles pousses, à choyer, avec les gourmands, à éliminer. On fait l’expérience de la fragilité des pousses, que les élèves cassent parfois au jardin et ne craignent plus de casser chez eux. On apprend aussi à choisir le lien approprié, compte tenu de la vigueur de la tige et à arroser un rosier et à le renforcer pour l’aider dans sa  lutte contre les maladies et les prédateurs.

Le fruticetum