Le potager simplifié

Un potager plaisir pour jardiniers pressés

0 Vue générale I

Nous entretenons depuis  2011 un petit potager au jardin. Pour éviter que cet espace représente une lourde charge de travail alors que l’équipe sur place a si peu de temps disponible, nous avons adopté des méthodes simples pour disposer de quelques légumes de saison,  tout en limitant le temps d’entretien nécessaire.

Il s’agit d’un exemple pratique de gestion différenciée où les interventions du jardinier sont prévues a minima. La réussite de cet espace s’appuie sur quatre pratiques jardinières très simples :

  • une préparation très soigneuse du sol, en le couvrant ensuite abondamment,
  • la mise en place pour certaines planches d’un mode d’arrosage en goutte à goutte,
  • des supports bien adaptés aux besoins des légumes, et
  • des associations  judicieuses d’espèces et de variétés plantées et une rotation systématique des cultures.

La préparation du jardin potager

Elle est conduite en partie en automne et en partie en hiver.

Mise en place des carrés et des planches

Deux formes de potager coexistent au Jardin des Merlettes : le « potager en carrés », adapté aux petites surfaces, et le « potager en planches », organisé en allées de cultures.

Les planches sont préparées en construisant des ‘lasagnes’ de mulch, cartons, fumier et débris végétaux recouverts d’une toile verte. Celle-ci est installée pour recouvrir la totalité de la surface ou seulement les bordures. Le système d’irrigation court au milieu de la planche. Le sol n’est ni bêché, ni retourné. Les adventices sont tondues ou cisaillées et laissées sur place.

1 1 Planche fétuque1 2 Planche fumier1 3 Planche toile verte

Les carrés sont construits en bois et remplis des mêmes substrats que les planches : foin, fumier et terre de taupinières. Le niveau des plantations est donc rehaussé d’une vingtaine de centimètres, ce qui améliore beaucoup le drainage en sols lourds et permet un réchauffement plus précoce du sol au printemps.

1 4 Carrés

Installation du système d’irrigation en goutte à goutte

Les légumes ont besoin d’un apport d’eau adapté. Le système aérien et racinaire de ces plantes annuelles développe en quelques mois une biomasse supérieure à une vivace déjà bien installée. C’est pour cela qu’une plantation d’annuelles souffre rapidement en cas de sécheresse. Si un paillage soigneux économise suffisamment l’évaporation d’un parterre de vivaces, une planche de légumes peut nécessiter davantage d’apports en eau, d’où l’utilité d’un arrosage par goutte à goutte pour maximiser l’efficacité des apports en eau.

Le cahier des charges du jardin considère en effet les économies d’eau comme l’un des principes fondamentaux d’un jardinage soucieux de l’environnement.

Le système choisi est simple : des tuyaux goutteurs pour la partie arrosage, des tuyaux pleins à peine enterrés pour la partie adduction. Il suffit ensuite de connecter ces tuyaux au réseau d’arrosage du jardin et le tour est joué.

2 1 Irrig2 2 Irrig2 3 Irrig

Lorsque les planches sont en place, les carrés construits et le système d’arrosage installé, le potager est prêt à recevoir les cultures.

3 Espace prêt avant plantation

Voir le stage ‘préparation d’automne’

Voir le stage ‘préparation en hiver’

La mise en place des cultures

Choix des variétés

Le responsable du potager choisit chaque année les variétés qui pousseront au jardin. Il prévoit d’alterner variétés hâtives et tardives pour allonger la durée de production de chaque espèce et fournir la cuisine sans la submerger. C’est le moment de faire preuve de créativité. Varier les sortes de basilic, les formes et les couleurs des courgettes et haricots, par exemple. Un petit effort de recherche pour le plus grand plaisir des consommateurs. Nous nous sommes fixés quelques contraintes :

  • à valeur gustative égale, choisir toujours les légumes les plus résistants, et réciproquement
  • la qualité de la récolte et, en particulier, la facilité de conservation des légumes, prime sur la quantité
  • chaque semence, graine et plant doit être certifié bio. Puisque le jardin l’est dans son ensemble, le cahier des charges de l’agriculture bio s’applique bien entendu aussi au potager.

4 1 Basilic cannelle4 3 Running beans4 2 Courgette

Une fois le plan de plantation arrêté, les semis sont préparés en couches chaudes ou froides pour installation des plants début mai.

5 Semis

Transplantation des plants, semis en place

Le même soin est apporté à chaque étape de la mise en place du jardin. Chaque motte est immergée avant plantation dans une macération d’ortie diluée pour lui permettre de se réhydrater et de stimuler la reprise du plant.

6 1 Plantation tomates6 2 Plantation salades6 3 Plantation cardes

Construction des supports

Des supports sont installés pour chaque type de culture : de la ficelle pour les haricots à rames et pour les tomates des cages de grillage entourées d’un voile de protection contre le gel. C’est un travail minutieux qui prend du temps et qui paraît bien futile au départ. Les plants sont si petits que les supports semblent démesurés. Le jardinier expérimenté apporte cependant beaucoup d’attention à cette étape, surtout dans un jardin soumis à des vents violents comme c’est le cas au Jardin des Merlettes.

7 1 Supports7 2 Supports7 3 Supports

Tout est en place !

8 Après la mise en place des cultures

Voir le stage ‘mise en place des cultures’

L’entretien et la récolte

Le temps passe. Les plantations s’installent rapidement. Le printemps est assez sec mais les paillages en place permettent au potager de retenir l’humidité du sol. De l’eau est apportée en complément une fois par semaine par le réseau de goutte à goutte. Les courges et courgettes bénéficient d’un apport d’eau supplémentaire par semaine….

9 1 Pousse carde9 2 Pousse fleurs9 3 Pousse courgette

Le travail d’entretien nécessaire

Le but de ce mode de culture est de limiter les interventions : moins d’une heure de travail par semaine pour un jardin d’environ 40 m2.  Le paillage épais modère le développement des mauvaises herbes ; celles qui réussissent à s’infiltrer dans ce couvert dense sont faciles à arracher car enracinées dans un support très meuble.

10 Pumpkin

Les ravageurs et maladies

Les ravageurs habituels ne manquent pas de pointer leurs antennes ou leurs spores. Toujours pour respecter notre cahier des charges il n’y a pas de pulvérisation intempestive. On surveille régulièrement et on supprime les feuilles abîmées, sur les pieds de tomates, par exemple. En 2011 la production s’est poursuivie tard dans la saison, jusqu’à fin octobre. En 2012, le départ a été difficile avec  une grosse attaque de mildiou début juillet mis les plants ont bien résisté et porté une assez belle récolte. L’abondance de fleurs compagnes a probablement bien contribué à diminuer les attaques d’insectes et de maladies cryptogamiques, de même que notre modération en termes d’arrosage.

11 Plantes compagnes

Une récolte régulière à bonne maturité

C’est le grand plaisir du potager que d’avoir des légumes tout frais à sa disposition. Cela suppose de bien réfléchir à la quantité de production que l’on souhaite et de varier les espèces plantées en conséquence. Ce qui n’est pas consommé ou donné de suite est préservé au froid (frigidaire ou congélateur), séché, cuit et mis en pots (pasteurisation et stérilisation).

Une démarche très gratifiante pour tous ceux qui ont oublié le goût des légumes (ou fruits) juste à la bonne taille et à la bonne maturité, les tomates, par exemple.

12 Green Zebra

Voir le stage ‘récolte et  conservation’

Ce qu’on y apprend :

Comment transformer simplement un espace du jardin, un coin de pelouse, par exemple, en petit potager fécond et facile à entretenir.

Un nouveau cycle de stages a lieu chaque année. Il commence en automne et se termine en été, avec les récoltes… mais les retardataires peuvent le prendre en cours de route ou choisir de ne suivre que tel ou tel module.