Le fruticetum

Le fruticetum ou jardin des arbustes.

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Une promenade au ‘jardin des arbustes’

La plantation du fruticetum, le ‘jardin des arbustes’, a débuté en décembre 2007. Un fruticetum est d’ordinaire un ensemble de collections systématiques d’arbustes plantés selon des rangs. C’est le cas à l’arboretum des Barres et au Potager du roi, à Versailles. Au Jardin des Merlettes, nous avons privilégié une approche plus esthétique. Puisque nous ne pouvions espérer montrer des collections complètes, nous avons choisi d’offrir au visiteur une grande variété d’espèces d’arbustes, dans le cadre agréable d’un jardin paysager. Le fruticetum offre à voir actuellement plus de 400 arbustes de 80 espèces et 120 variétés.

La diversité des formes et des modes de croissance des végétaux plantés dans cet espace a été réfléchie pour servir de support aux ateliers de taille des arbustes d’ornement qui se déroulent au jardin au printemps et en été. Pour avoir de beaux arbustes dans un jardin, il faut en effet les choisir soigneusement pour qu’ils soient bien adaptés à l’endroit où ils devront pousser et il faut les tailler correctement.

Voir l’article du blog sur la taille des arbustes d’ornement

Voir les stages de taille des arbustes

Voir le stage de choix et plantation des arbustes

Un climat rude qui ne plaît pas à tous

Certains arbustes sont particulièrement bien adaptés à notre sol assez argileux et lourd, souvent gorgé d’eau en hiver. C’est le cas des cornouillers, des saules, noisetiers, amélanchiers et prunus, en particulier les prunus myrabolan comme ci dessous..

Prunus myrabolan

Mais d’autres arbustes, hélas, ont plus de mal à s’adapter. Nous avons été trop optimistes et en avons perdu quelques uns, trop fragiles pour le climat de notre plateau en hiver (moins de -17° pendant environ cinq semaines de suite pendant l’hiver 2012), par exemple des véroniques arbustives (Hébé), mais aussi des choisyas, caryoptéris, escallonias, abélias, corylopsis. Parmi ceux qui ont survécu, certains mettent du temps à s’installer. C’est le cas des arbustes ci-dessous qui n’apprécient vraiment pas le sol du jardin : deutzia rosea carminea, citronnier épineux (poncirus trifoliata), tamaris, arbre aux clochettes d’argent (halesia tetraptera), magnolia à feuilles caduques (magnolia soulangeana) et exochorda.

1 Deutzia rosea carminea2 Poncirus trifoliata3 Tamaris4 Arbre aux cloches d'argent Halesia tetraptera5 Magnolia6 Exochorda macrantha 'the Bride'

Le fruticetum du Jardin des Merlettes s’organise en parterres autour de la fontaine aux papillons, comme des pétales autour d’un cœur de marguerite. Chaque parterre est planté selon un thème.

Des écorces remarquables

La partie sud du fruticetum est consacrée aux arbustes qui offrent de beaux tableaux en hiver, en particulier grâce à leurs écorces décoratives. Quelques arbres : betula costata et jacquemontii, prunus serrula. Les écorces deviennent de plus en plus belles au fur et à mesure que le diamètre des troncs augmente.

1 1 Betula costata1 2 Prunus serrula1 3 Betula utilis jacquemontii

De nombreux cornouillers présentent des bois colorés (cultivars de cornus alba, flaviramea, sanguinea et stolonifera),. Un décor de feuillages sombres persistants (osmanthus, prunus laurocerasus ’Otto Luycken’, mahonias) met en valeur ces couleurs hivernales.

2 1 Cornus stolonifera 'flaviramea'2 2 Prunus 'Otto Luycken'2 3 Cornouiller sanguin

A noter aussi, l’écorce de la ronce du Tibet (rubus thibetanus) qui devient toute blanche en hiver.

3 Rubus thibetanus

Voir l’article du blog sur le jardin en hiver

Des couleurs vives

A chaque saison, le jardin se pare de couleurs vives. Les genêts (genista Lydia, genista tinctoria), millepertuis (hypericum hookerianum ‘Hidcote’, hypericum x moserianum), de nombreux forsythias (forsythia x intermedia ‘Mêlée d’Or’, ‘Week end’, des kerrias japonica ‘Pleniflora’, ainsi qu’un buddleia à fleurs jaunes (Buddleia x weyeriana ‘Sungold’) et une flamboyante aubépine écarlate (Crataegus monogyna ‘Paul Scarlet‘) ouvrent le bal au printemps.

1 1 Genista tinctoria royal gold1 2 Aubépine1 3 Forsythia

Mais ce ne sont pas seulement les fleurs qui sont colorées, les feuilles aussi montrent des coloris étonnants, tels ce physocarpus ‘Dart’s gold’, cette épine vinette (berberis thunbergi atropurpurea) et cette sorbaire à feuilles de sorbier (sorbaria sorbifolia).

2 1 Physocarpus2 2 Berberis2 3 Sorbaria sorbifolia I

Les lilas enchaînent leur floraison. Pour leur parfum exquis, nous avons planté un lilas de Hongrie (Syringa Josikaea) et un lilas hybride de Preston (Syringa x prestoniae ‘Mc Farlane’) et une collection de seringats (Philadelphus ‘Manteau d’Hermine’ et ‘Virginal’). Ils passent le relais à la roseraie, dès juin.

3 Lilas de Hongrie

Eclosent ensuite les althéas (hibiscus syriacus ‘Diana’, ‘Pink Geant’, ‘Red Heart’, ‘Woodbridge’), les potentilles (potentilla fruticosa ‘Abbotswood’ et ‘Goldfinger’) et les weigelias (ci dessous ‘Bristol Ruby’ et ‘Kosteriana Variegata’). Le long de la pergola couverte de rosiers, en bordure est de la prairie, la promenade se colore de rose et blanc… réveillés par quelques pointes de rouge. Un sentier se faufile entre les deutzias (deutzia scabra ‘Pride of Rochester’, deutzia x magnifica), exochordas (‘The Bride’), kolkwitzias (amabilis ‘Pink Cloud’) et lavatères (lavatera thuringiaca ‘Bredon Spring’), aux douces couleurs pastel.

4 1 Weigelia Bristol Ruby4 2 Kolkwitzia amabilis pink cloud4 3 Weigelia kosteriana variegata

En automne, les cornouillers mêlent les couleurs chatoyantes de leurs écorces à celles des asters d’automne et aux fusains ailés (euonymus alatus compactus).

5 1 Baies cornouiller sanguin 'mindwinter fire'5 2 Cornouillers et asters5 3 Cornouillers

Puis ce sont les saules (ci dessous, salix udensis ‘Sekka’, au centre), les poiriers (tel le poirier à fleurs, pyrus calleryana ‘Chanticleer’, à gauche) et les cerisiers à fleurs, prunus serrulata ‘Tai Haku’ (ci dessous à droite) qui illuminent le jardin. On parle souvent de leur beauté au printemps mais ces arbustes offrent également un très beau spectacle en automne. C’est un fait qui mérite d’être signalé car les créateurs de jardin ne pensent pas très souvent à ces végétaux qui sont pourtant aussi décoratifs que faciles d’entretien.

6 1 Poirier Chanticleer6 2 Facies saules vue d'ensemble6 3 Prunus serrulata Tai Haku

Loin de ces beautés ‘horticoles’, de simples cardères (dipsacus fullonum) sur fond de graminées sèches et de cornouillers blancs plantent un vrai décor en jardinage naturel lorsque la fin de l’automne arrive..

7 Cornouillers et cardère

De même, cette jolie découverte cet automne : un rosier botanique ‘surprise’ non encore identifié aux splendides feuilles carmin … à suivre….

8 Rosier bot surprise

Les chatons des arbres et arbustes : saules, aulnes, noisetiers

Quand on cherche à créer un jardin qui donne à voir toute l’année, on peut penser aussi aux chatons des arbres qui constituent une décoration d’autant plus appréciée que le jardin est un peu vide en fin d’hiver, excepté les premiers bulbes. Les aulnes sont particulièrement élégants. Ainsi l’aulne glutineux (alnus glutinosa), ci-dessous au premier rang, à gauche et au centre, et l’aulne de Corse (alnus cordata), à droite. Les chatons des noisetiers, beaucoup plus petits, n’en sont pas moins décoratifs. Leur couleur fauve capte les reflets du soleil et attire l’œil du promeneur même de très loin. Témoin ci-dessous, au deuxième rang, à gauche le noisetier tortueux (corylus avellana ‘Contorta’ ) et à droite le noisetier à gros fruits.

1 1 Alnus cordata1 2 Aulne glutineux1 3 Aulne glutineux2 1 Noisetier tortueux2 2 Noisettes2 3 Noisetier

Certains saules porte de très beaux chatons. Le saule marsault (salix caprea), plante endémique en Bourgogne et qui sert de plante hôte à maints insectes, est particulièrement décoratif. Et le saule udensis ‘Sekka’, déjà noté pour ses couleurs d’automne, porte une inflorescence tout à fait remarquable. C’est un arbuste basitone au port très étalé qui mérite d’être cultivé en isolé (au centre et à droite).

3 1 Salix udensis 'sekka' gros plan3 2 Salix udensis sekka3 3 Saule marsault

Des feuilles de toutes les formes

François Bugnon, botaniste et pédagogue, a passé une grande partie de sa vie à répertorier et dessiner la flore de Bourgogne. La « Nouvelle Flore de Bourgogne » a été rééditée en 1998. Le Tome 2A présente (pages 33 et 34) les dessins qu’il a faits des différentes formes de feuilles. En voici quelques exemples, rencontrés au cours de notre promenade au Jardin : feuilles laciniées de l’aulne (alnus incana laciniata), dentelées de l’orme de Sibérie (zelkowa carpinifolia), composées du mahonia (mahoberberis x miethkeana) et du sorbaria à feuille de sorbier (sorbaria sorbifolia), lancéolées du filaire (phillyrea angustifolia L.) , feuilles de velours en forme de cœur du paulownia.

Alnus incana laciniataZelkowaMahoberberis x miethkeanaSorbaria sorbifolia IIOleariaPaulownia imperialis

C’est la fin de cette promenade. Pour l’instant, les arbustes sont encore petits car plantés pour la plupart entre 2007 et 2009. Ils mettront encore trois à cinq ans avant d’atteindre une taille adulte. Mais la force des pousses émises en 2012 est de bon augure pour la suite. Et les aléas atmosphériques ont été si sévères depuis trois ans (hivers longs et rigoureux, printemps secs, étés alternant chaleurs torrides et froids cinglants) que l’on peut espérer que les arbustes qui ont résisté sont d’autant plus solides. Une taille d’éclaircissement sera probablement nécessaire dès le printemps 2014. Et tous ceux qui nous ont trouvés bien présomptueux de planter nos arbustes à bonne distance les uns des autres se trouvent tout sots aujourd’hui que les végétaux commencent à prendre leurs marques.

Il y a beaucoup d’autres arbustes au jardin, les spirées par exemple, que nous n’avons pas encore présentés, ce sera pour une prochaine visite. Et nous continuons de planter de nouveaux espaces chaque année pour ménager de nouvelles découvertes à nos visiteurs.

Plan du fruticeum

Ce qu’on y apprend

La taille raisonnée des arbustes d’ornement, taille d’hiver et taille d’été. Pour chaque espèce d’arbuste, la taille qui lui convient le mieux, au moment approprié. Pour certains, c’est tout de suite après la floraison, et une taille légère, pour d’autres, on remet “les compteurs à zéro” chaque année en hiver, pour d’autres enfin, on construit patiemment une architecture pérenne…. Un stage qui va à l’encontre de quelques idées reçues. On y apprend aussi comment choisir les arbustes en fonction des conditions édaphiques de son jardin de façon à avoir le moins de déconvenues possibles (cf supra)  et comment organiser le plan de plantation de ses massifs pour que les arbustes se mettent mutuellement en valeur au lieu de se gêner comme c’est trop souvent le cas.!

Les haies