Comment choisir les rosiers ?

3 août 2011

Le jardinier qui souhaite planter des rosiers a beaucoup de chance : l’offre des pépiniéristes est très fournie et les catalogues regorgent de merveilles. Oui mais… comment choisir ? Car si les rosiers sont en général des plantes faciles à cultiver, rien n’est plus dommage que de voir un rosier mal adapté à l’endroit où il est planté. Le propos semble anodin. Pourtant tout le savoir-faire du jardinier ne pourra pas compenser un mauvais choix à la plantation.

Quatre règles d’or pour choisir un rosier:

  • Des plantes en bonne santé
  • Une forme de rosier appropriée à l’endroit où il est planté
  • Un travail d’entretien en relation avec la disponibilité et le savoir-faire du jardinier

et bien sûr :

  • Un rosier dont la couleur, les pétales, le parfum enchantent le jardinier, et/ou ceux pour qui le rosier a été planté !

1 0 Alchemist

Un rosier en bonne santé

Quelques règles à respecter :

  • Les rosiers ne supportent pas tous le froid. La plupart des rosiers résistent très bien au froid, témoin les magnifiques rosiers qui fleurissent chaque printemps devant les maisons de l’île de Gotland, à l’est de la Suède. Une exception, mais de taille, certains rosiers thé. Ils ont tendance à geler jusqu’au sol en hiver, dans notre Puisaye. S’ils reprennent au printemps, ils sont simplement en retard sur la saison mais vigoureux. Et certains ne se remettent pas de cet épisode rigoureux. Les rosiers banksia n’aiment pas le froid non plus. Le rosier ‘Hansa’ ci dessous non seulement supporte le froid mais est d’autant plus beau que l’hiver a été rigoureux.

1 1 Hansa en hiver

  • Les rosiers supportent bien la chaleur : Certains rosiers nous viennent du Moyen Orient (Rose de Damas, de Perse) et ne craignent vraiment pas le soleil. A l’usage, les rosiers semblent même préférer le temps chaud au temps froid.
  • Les rosiers ont besoin d’arrosage : certes, ils peuvent supporter la chaleur, mais ils ont soif ! Sans eau l’été, ils ne mourront (peut être) pas mais ils ne fleuriront pas non plus. Inversement, certains rosiers supportent un sol détrempé en hiver. Nous avons ainsi au Jardin des Merlettes quelques rosiers plantés à des endroits mal drainés, et souvent inondés l’hiver, et qui se portent bien. C’est le cas de ‘Mermaid’, de ‘la Belle Alsacienne’
  • Les rosiers préfèrent les sols argileux : il est bien facile à Cosne de voir la différence entre les rosiers cultivés dans les jardins situés dans le val de la Loire, au sol léger et sableux, et ceux de la roseraie du Jardin des Merlettes, dans l’argile poyaudine. Même bien approvisionné en humus depuis des années, le sol du val donne de bien moins bons résultats. La structure du sol est un sujet sur lequel nous sommes particulièrement vigilants : les parterres du Jardin des Merlettes sont rechargés tous les deux ans environ en bois raméal fragmenté, terreau, ou paillage de fétuque, paille ou mulch. A ce régime ne s’ajoute aucun engrais chimique, naturellement. Ci dessous, quelques photos de rosiers buissons particulièrement vigoureux et faciles: ‘Jubilé du Prince de Monaco’, ‘Westerland’ et ‘Mozart’.

1 21 buisson bas Jub Prince Mon1 22 Westerland 21 23 buisson haut Mozart

  • Certains rosiers sont fragiles : Même si la saison débute bien, ‘American Pillar’ se couvrira d’oïdium au début de l’été, de même que ‘Veichelblau’ (photo ci dessous) ou ‘Souvenir d’Alphonse Lavallée’. La différence est flagrante avec d’autres rosiers bien résistants. Autant le savoir. D’autres rosiers sont, eux, sujets au champignon Marsonia , appelé aussi ‘maladie des taches noires’ et perdent toutes leurs feuilles en début d’été. C’est le cas des rosiers ‘Alchemist’ et ‘Madame Butterfly’. Cette faiblesse ne nous a pas empêchés de les planter. Nous ne nous en préoccupons pas trop et nous contentons de tailler les branches les plus atteintes et d’arroser les rosiers les plus touchés. La pousse qui s’ensuit est en général saine.

1 31 Oidium sur Veilchenblau

Pour choisir où planter, recenser les milieux du jardin

Dans un jardin, les propriétés du sol, l’espace disponible, l’ombre portée par les bâtiments alentour et les arbres, le vent, le climat, sont autant de circonstances qu’on ne pourra pas changer… En revanche, la combinaison de ces éléments, favorables ou défavorables, peut changer de façon importante d’un endroit du jardin à l’autre et un jardinier peut utiliser ces différences de façon astucieuse.

Autant que possible, on plante les rosiers dans l’endroit du jardin le mieux adapté à leurs besoins, c’est à dire celui qui répond au plus grand nombre de critères positifs et, par ordre d’importance, de la lumière, de l’air, et un peu d’espace, tel ce rosier grimpant ‘Madame Meilland’, de plus de cinquante ans d’âge, qui contraste avec l’aspect chétif d’autres rosiers du même jardin qui ne reçoivent pas assez de lumière.

1 40 Mme Meilland

Un rosier pour chaque usage

Il faut ensuite considérer la hauteur et la largeur souhaitée pour la plante qu’on installe. Bien sûr, ça coule de source…mais on a tendance à oublier cette question quand on achète un rosier. Selon l’objectif recherché, l’espace à investir ou le support à habiller, mais ausi l’association recherchée avec les plantes déjà en place et l’ambiance que l’on souhaite créer, on choisira des rosiers plus ou moins hauts ou larges, ceux qui serviront de fond et ceux qui joueront les ‘prima rosa’. Là se pose souvent un problème bien pratique : où trouver ces précieuses informations ? Les catalogues donnent des indications, mais le sol du jardin et les conditions de culture offertes au rosier changent beaucoup la donne. Nous avons ainsi planté des rosiers ‘Astronomia’ censés mesurer environ 60 cm de haut et sommes chaque année surpris par les pousses d’été qui avoisinent un mètre, ridiculisant un peu le second rang de rosiers qui s’en tient, lui, aux 80 cm prévus. Détail anodin ? Pas vraiment, car l’effet d’ensemble est raté.

Le dessin ci-dessous présente la succession des formes de rosiers, par ordre croissant :  rosier paysager couvre sol, buisson, haut buisson, demi tige, pleureur, grimpant (petit ou grand), et enfin le rosier liane. Le facteur important à considérer est le volume du rosier par rapport à ce qui pousse autour de lui : des plantes vivaces, d’autres buissons, ou bien si le rosier est planté en isolé sur une pelouse. Dans ce dernier cas, par exemple, on recommande de le planter par groupes de trois ou cinq exemplaires pour un meilleur effet.

facies des rosiers

Et le port du rosier lui même est extrêmement important, et, en partiuclier, la souplesse de ses branches et leur longueur. Les photos ci-dessous présentent quelques exemples de rosiers en pergola. Le rosier de gauche, ‘Pink Cloud’, est beaucoup trop petit pour cette pergola de trois mètres de haut. Ce n’est pas parce qu’il est jeune car d’autres rosiers du même âge ont déjà formé un arc de cercle au dessus de la pergola. Il n’est tout simplement pas programmé pour pousser aussi haut. Par contraste, les rosiers de la photo du milieu sont parfaitement à leur avantage. Mais à droite, ‘Madame Alfred Carrière’ peut prêter à discussion. Il est si exubérant et difficile à draper que l’effet rendu est toujours un peu fouillis. Mais certains trouveront que cela lui donne encore plus de charme, et ses roses sont si jolies !

2 21 Pink Cloud trop petit2 22 Pergolas2 23 Mme_Alfred_Carrière

Et il faut également décider, bien sûr, si l’on souhaite absolument un rosier remontant ou si l’on accepte un rosier non remontant, c’est à dire qui ne fleurira qu’une seule fois… Nous n’insistons pas sur ce critère, largement discuté par ailleurs dans ce blog. Il peut être dommage, si l’on a un petit peu de place à leur consacrer, de se priver de la magnifique floraison des rosiers non remontants. Ci dessous, ‘Wedding day’ et ‘François Juranville’.

Voir l’article sur la taille d’été des rosiers

2 R NR Mélange F Juranville et W Day

Un rosier pour le jardinier

Ne pas oublier non plus le jardinier, qui va passer du temps à soigner les rosiers et à les attacher. Il est prudent d’intégrer dans son choix quelques contraintes de gestion :

  • Le minimum de soins requis. A chaque saison, il y a un peu de travail à faire sur les rosiers : en hiver (la taille d’hiver), au printemps (fin juin, un peu de nettoyage des fleurs fanées, éventuellement, du désherbage), en été (la taille des rosiers non remontants), en automne (le palissage des rosiers grimpants et lianes).
  • Tout dépend donc du temps que le jardinier peut rendre disponible, et aussi de son savoir faire. La difficulté relative d’entretien des rosiers croît avec leur taille, tout simplement déjà pour des raisons d’accès. Attention donc aux pergolas et autres grimpants pour ceux qui n’aiment pas les échelles car il faut absolument attacher les nouvelles pousses.
  • Et si on omet l’exercice une année ? Le rosier n’en souffrira pas, mais il ne sera pas forcément très joli à regarder et certaines branches risquent d’être cassées par l’orage. Les choses rentreront dans l’ordre dès la taille suivante.

Les photos ci-dessous présentent un petit grimpant, ‘New Dawn’, qui est un bon sujet pour commencer. Il est si vigoureux que rien ne l’abattra. En revanche, en le taillant et en observant comment il pousse, vous comprendrez vite comment procéder ( à gauche, avant la taille d’hiver, au centre, après la taille). La photo de droite montre un rosier un peu plus difficile, ‘Aimée Vibert’ car il produit tant de pousses du pied qu’il peut décourager celui qui est chargé de le draper. Cependant, une fois attachées les pousses, il ne présente aucune difficulté.

3 1 New Dawn avant3 2 New Dawn après3 3 Difficile Aimé Vibert

Et, pour vérifier son choix, il est utile d’aller regarder ‘in situ’ les roses que l’on a choisies dans un catalogue. Pour cela, les roseraies de sa région sont idéales, si possible en juillet, après la première belle floraison et quand les maladies attaquent, et en octobre, quand seuls les rosiers les plus courageux fleurissent encore. Vous ferez des découvertes !

En région parisienne, les roseraies de Bagatelle et de l’Hay les Roses, à Lyon, la roseraie du Parc de la Tête d’Or, etc.,  outre le plaisir de leur visite, sont particulièrement utiles pour l’amateur tant le choix qu’elles offrent est grand.

Un rosier … pour ses roses !

Et une fois passés en revue tous ces critères bien raisonnables, on peut simplement choisir des rosiers parce qu’on aime leurs roses ! Certains jardiniers ne jurent que par les roses ‘anciennes’, d’autres n’aiment que les polyanthas, d’autres enfin les botaniques.

Nous avons planté des roses pour tous les goûts au Jardin des Merlettes, afin que chacun puisse s’entraîner sur les variétés qu’il préfère.

Voir les roses du Jardin des Merlettes

A vous donc de choisir vos critères de sélection :

  • La famille de rosiers : ‘anciens’ versus ‘modernes’, les botaniques,…
  • Les critères horticoles : par exemple, la forme des fleurs, en coupe, globuleuse, turbinée, de leurs pétales ainsi que leur nombre, simple ou centifolia, la floribondité, le port du rosier lui même, et aussi des roses, et même la façon dont elles fanent, qui peut être très jolie ou totalement disgracieuse.
  • Des qualités particulières : le parfum, bien entendu, mais aussi des qualités auxquelles on ne pense pas d’abord. Par exemple, le fait de pousser en mi ombre. C’est le cas de ‘Alister Stella Gray’, un rosier Noisette qui s’accommode bien d’une ambiance de sous bois aéré, mais aussi, la tenue de la fleur en bouquet dont ‘Mme Meilland’ détient la médaille d’or !
  • Et enfin, les roses que l’on aime parce qu’elles font partie de notre histoire personnelle. Chacun a des souvenirs liés à telle ou telle rose dont le nom évoque un proche, un ami, un souvenir agréable.

Ci dessous, quelques unes de nos roses préférées : le ‘Rosier Évêque’ pour sa couleur, ‘Mme Butterfly’, pour ses pétales turbinés et son parfum, ‘Chinensis mutabilis’ pour sa grâce….

4 1 Couleur Rosier Evêque4 2 Turbiné Rosier_Mme_Butterfly4 3 Rosa chinensis mutabilis 2

Vous hésitez encore ? Venez assister en novembre au stage spécialement dédié à ce sujet.

Les détails du stage de choix et plantation de rosiers

Reine_des_Neiges


12 réponses à “Comment choisir les rosiers ?”

  1. DUPONT GILBERTE dit :

    Je souhaite planter un rosier grimpant en container sur ma terrasse, exposée aux vents mais ensoleillée.
    J’aime les roses anciennes parfumées rose pale ou blanches.
    J’habite le Nord de la France.
    Pouvez vous me conseiller sur la variété la mieux adaptée.
    Je vous remercie.

  2. Christine dit :

    Bonjour,
    Tout dépend de la taille du pot dont vous disposez et de la hauteur que vous souhaitez. Si par ‘grimpant’, vous entendez un arbuste d’environ 4 ou 5 mètres l’entreprise sera difficile à moins que vous ne disposiez d’un vraiment gros pot (80cm de haut et environ 70cm delarge). Si vous êtes dans la taille en dessous, alors, il faut choisir un rosier moins vigoureux.
    Parmi les roses pâles, le rosier ‘New Dawn’s'est montré en général bien résistant là où je l’ai planté, y compris au JDM où il est soumis à rude épreuve.
    En blanc, le ‘Blanc double de Coubert’ est très résistant, mais je ne crois pas qu’il existe en grimpant, c’est plutôt un haut buisson (environ 1,80m de haut et autant de large). Le rosier Mme Jules Bouché est un très joli petit grimpant : blanc bien pur, roses bien turbinées, et facile à palisser sur votre terrasse.
    Un rosier comme ‘Mme Butterfly’ sera sans doute trop vigoureux pour votre espace. C’est dommage car il a des roses très belles à tous stades (bouton, écloses, fanées) et sent très bon.
    Regardez le catalogue de Francia THAUVIN : elle a une très jolie sélection en roses anciennes.
    Bien cordialement

    PS Souvenez vous que la qualité du résultat dépendra non seulement de la variété que vous choisie mais aussi du soin que vous aurez apporté à préparer le sol dans lequel votre rosier poussera. Un rosier aime de la terre ‘à vache’ (un peu glaiseuse) et pensez à lui apporter un peu de crottin de cheval. Et à arroser suffisamment, une terrasse peut rapidement devenir un milieu hostile pour un rosier en été.

  3. Florence dit :

    Quelle palissade choisir si on souhaite mettre un mur de rosiers en plein jardin?

  4. Marie dit :

    Bonjour,
    Tout d’abord merci pour ce site qui m’a apporté beaucoup d’informations, je me suis régalée à lire cette page “comment choisir son rosier”, et j’en ai mise d’autres de côté!

    J’aimerais connaitres les caractéristiques du rosier “reine des neiges”, que je trouve superbe pour la pureté de ses fleurs,
    est il remontant? rosier buisson?
    Merci d’avance et bonne journée

    Marie

  5. Christine dit :

    Bonjour,
    Oui, le rosier ‘Reine des Neiges‘ est remontant et vous avez raison, c’est un des plus jolis rosiers blancs qui soit. ‘Mme Jules Bouché‘ et ‘Mon Jardin Ma Maison‘ ne sont pas mal non plus. Hélas, le climat du Jardin des Merlettes, froid en hiver et surtout avec un sol trempé ne leur a guère plu, aux uns et aux autres. A ce jour, seul ‘Mon Jardin Ma Maison’ a survécu !
    A ma connaissance, ‘Rose des neiges’ est plutôt un petit grimpant (3 à 4m) qu’un rosier buisson. Maintenant, il existe peut être dans les deux versions. A vérifier auprès de votre pépiniériste ou, mieux, de votre rosiériste.
    Cordialement

  6. Christine dit :

    Bonjour,
    Tout ce que vous voulez à condition que :
    - le rosier reste bien exposé au soleil
    - le support soit assez fort et haut pour votre rosier adulte, c’est à dire d’ici une dizaine d’années
    - vous puissiez attacher facilement le rosier à ce support
    - vous prenez en compte qu’il faut toujours un intervalle entre le rosier et son support, il ne doit pas être ‘plaqué’ mais l’air doit circuler derrière le rosier.
    Cordialement

  7. sebille dit :

    Bonjour,
    J’habitais encore récemment dans un appartement au sud et j’avais en bac sur un balcon 2 rosiers dont je ne me souviens plus du nom mais qui fleurissaient merveilleusement bien. Je viens de déménager et j’habite en RdeC mais je peux planter en pleine terre les 2 rosiers mais ceux-ci ne seraient plus plein sud mais à l’ouest et malheureusement devant de grands arbres qui font beaucoup d’ombre. Je m’inquiète pour “leur santé” Qu’en pensez-vous, puis-je les planter quand même ? merci de votre réponse

  8. sebille dit :

    suite du message précèdent ; ce ne sont pas des rosiers grimpants

  9. Legarju dit :

    Bonjour,
    J’aimerais garnir un grillage de separation avec des rosiers, j’habite dans le Sud Ouest , quels rosiers me conseillez vous, fleurs roses blanches zébrées parfumées
    Merci pour votre réponse

  10. Christine dit :

    Bonjour,
    Vous avez tout à fait raison de vous poser cette question essentielle pour des rosiers. Il y a toute chance que vos rosiers dépérissent s’ils sont plantés à l’ombre. Honnêtement, ils vont végéter. Trouvez un autre emplacement ou offrez les à des amis qui en prendront soin.
    Je sais, ma réponse est dure, mais un rosier a absolument besoin de lumière.
    cordialement

  11. Christine dit :

    alors, gardez les dans leurs pots et installez les sur un côté où il y a du soleil.

  12. Christine dit :

    Bonjour,
    Les catalogues des rosiéristes sont bien fournis. Cette année, comme l’an dernier, nous avons commandé de nombreux rosiers chez Francia Thauvin et nous sommes très contents de ce qui nous a été envoyé.
    Et vous pouvez aussi venir à notre stage de choix et plantation des rosiers qui a lieu en novembre chaque année.
    Cordialement

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