Apprendre à tailler les arbustes d’ornement

4 février 2011

Les arbustes sont d’une importance capitale pour la beauté d’un jardin. Et ils sont souvent bien faciles à soigner. Mais on a tendance à les oublier un peu et leur beauté n’est pas toujours mise en valeur. C’est bien dommage car il suffit de consacrer un peu d’attention à chacun et leur attrait s’en trouve considérablement augmenté.

Des végétaux un peu oubliés du jardinier

C’est un état des lieux un peu consternant : les arbustes sont bien souvent négligés. Il existe toutes sortes de façons de mal traiter nos arbustes. On peut manquer de soin à la plantation, faute de temps ou du matériel nécessaire. On peut aussi manquer de discernement sur l’espace qu’ils vont bientôt occuper au fur et à mesure de leur croissance. On peut enfin les oublier et les laisser dégénérer en buissons informes. Ce n’est pas par mauvaise volonté mais par ignorance. Il y a des familles de jardiniers qui taillent leurs arbustes, d’autres qui ne les taillent pas. Pourtant, on peut facilement obtenir des résultats vraiment très satisfaisants en passant simplement un peu plus de temps à soigner ces végétaux trop souvent négligés.

Manque de soin dans la plantation

La première erreur, c’est de mal planter l’arbuste. Trop profond (le collet enterré) ou trop haut (la naissance des racines à l’air) ou, tout aussi grave, mal maintenu. Si un arbuste est planté petit (40 à 80cm), cela n’a guère d’importance car il offre peu de prise au vent. Il développera son chevelu de racines et s’ancrera profondément dans le sol. Mais si un arbre est planté déjà grand (plus d’un mètre), alors il faut vraiment penser à lui procurer un support solide. Sinon, on s’expose à des accidents, comme montré ci dessous.

1 Mal planté

Manque de prévision à la plantation… et manque de place à l’arrivée !

Une autre faute de débutant, c’est d’oublier de prendre en compte l’évolution des arbustes.  Quand ils vont grandir, lequel va accaparer la place disponible ? Lequel va faire de l’ombre aux autres, lequel va végéter ?  Les conséquences à moyen ou long terme d’un plan de plantation non réfléchi peuvent être anodines… ou désastreuses. Dans le joli tableau ci dessous on peut prévoir que la pivoine en arbre va pousser de façon de plus en plus déséquilibrée, pour chercher la lumière, tandis que l’arbuste va continuer de s’étioler à l’ombre de l’arbre.

2 Place manquante

Un stage du Jardin des Merlettes est spécialement dédié au choix et à la plantation des arbustes d’ornement , on y montre (et on pratique) comment  planter un arbuste pour une reprise vigoureuse et aussi à prévoir son évolution dans le contexte où il est planté. Les arbustes sont parfois plantés en surnombre à dessein, pour pallier l’absence d’arbres, ou en attendant que ceux ci grandissent. A chaque jardin, ses réponses, bien sûr.

Des tailles qui laissent à désirer

Le plus important défaut de soin concerne souvent la taille. Nous décrivons cette difficulté dans l’article sur la taille des forsythias. Nous proposons d’élargir ce propos à d’autres exemples. Les photos ci dessous présentent trois arbustes qui sont mal taillés et qui en souffrent.

  • Le premier (à gauche) est un cognassier du Japon (chaenomeles japonica). Il pousse comme une broussaille, probablement rabattu trop souvent sans égard pour sa silhouette qui peut être très élégante.
  • Le second est un pommier à fleurs (malus Everest). Là non plus, la structure de l’arbre n’est pas mise en valeur. Le centre de l’arbre s’asphyxie, encombré par des branches secondaires. Cela favorise la pousse de gourmands non florifères au sommet de l’arbre et entraînera sous peu la mort des belles branches charpentières du premier niveau.
  • Enfin la troisième photo représente une spirée (spiraea japonica Bumalda) dont les branches ne se sont pas régénérées, faute de taille. La floraison de la saison prochaine en sera très diminuée, chaque rameau portant déjà beaucoup de bois mort.

3 Mal taillé Chaenomeles japonica4 Mal taillé malus Everest5 Mal taillé Spirée

Un négligé que l’on ne remarque même plus

Lorsque des arbustes sont laissés à eux mêmes, les pousses des années consécutives s’ajoutent les unes aux autres et les branches s’allongent et s’éloignent du cœur de l’arbuste. Celui ci se retrouve à l’ombre, ce qui provoque la mort de nombreuses branches secondaires. Les ensembles d’arbustes traités de la sorte sont très utiles dans un jardin. Ils protègent du vent ou des regards indiscrets, par exemple. Ils présentent également un grand intérêt d’un point de vue écologique car ils produisent des feuilles mortes et du bois mort qui forment une litière et procurent abri et nourriture à la faune indigène. Cependant, chaque arbuste n’est ni au mieux de sa forme ni de sa beauté et, même dans le cadre d’une haie, le rendu pourrait être amélioré. Tous les jardiniers manquent de temps. Le stage de taille des arbustes d’ornement propose une méthode pour tailler les arbustes rapidement, efficacement et organiser les priorités parmi eux.

6 Fouillis

Une condition indispensable pour avoir de beaux arbustes dans son jardin : une bonne taille

Que les arbustes soient utilisés comme ornement, isolés ou en groupe,  un autre élément est très important pour leur beauté : la taille. Mais le mot est à double sens. Car il faut d’une part que la taille de l’arbuste, c’est à dire sa hauteur et sa largeur, soit compatible avec la place que l’on prévoit pour lui. Et il faut aussi que la façon dont l’arbuste est taillé soit compatible avec son mode de croissance.

Un espace vital adapté à la taille de chaque arbuste

Donner de la place à un arbuste ne veut pas forcément dire le planter en isolé, en excluant les autres. Voici quelques exemples d’arbustes qui s’accordent bien entre eux tout en ménageant l’espace vital nécessaire à chacun.

  • La première photo montre des hortensias, hydangéas macrophylla, associés à un hydrangéa grimpant ‘petiolaris’, ce qui conjugue harmonieusement l’utilisation de l’espace au sol avec celle du  plan vertical.
  • La deuxième présente une association de fusains dorés (Euonymus japonicus ‘Aureomarginatus’) avec des plantes vivaces (Epimedium grandiflorum).
  • La troisième photo montre une haie de Photinia fraseri ‘Red Robin’.

Dans les trois cas l’espace est bien géré et les arbustes disposent de toute la place nécessaire à leur épanouissement. Cependant ils n’ont pas été contraints à ces volumes par une taille radicale. Ils ont été choisis soigneusement pour l’espace où ils sont plantés, d’où cette impression d’harmonie et de simplicité.

7 Place verticale Hortensias et hydrangéa grimpant8 Place bas Fusain doré9 Place Haie Photinia

Et voici des photos de quelques arbustes assez courants. Pourquoi nous semblent ils si beaux ?  C’est parce que, dans chaque cas, l’arbuste a la possibilité d’exprimer son caractère : l’érable du Japon  peut exhiber son port souple et élégant et étaler ses branches sans être gêné par d’autres végétaux trop proches. Au contraire, il met en valeur ses voisins qui le lui rendent bien. L’althæa a atteint sa taille optimale sans être encombré par de nombreuses branchettes.  Enfin, le cognassier du Japon a été taillé de façon à favoriser une floraison extraordinaire. Chacun de ces arbustes est un véritable petit tableau et s’insère en même temps dans le reste du jardin. Rien de tout cela n’est compliqué. Mais le jardinier doit s’imposer un moment de réflexion avant de planter un nouvel arbuste. Pendant le stage sur la plantation des arbustes, on invite ainsi chacun à se projeter dans l’avenir et à imaginer l’effet de ses plantations au cours des saisons, mais aussi, au cours du temps, dans un, cinq, dix… trente ans.

Beau 1 Acer japonica palmatusBeau 2 AlthéaBeau 3 Cognassier du Japon

Une autre condition : une taille appropriée

Pourquoi doit-on tailler un arbuste ? On l’a déjà indiqué, ce ne doit pas être pour essayer de le faire rentrer dans un espace donné. Tailler ne veut pas dire rogner et diminuer, sauf si on cherche à créer une tête de saule. Bien au contraire, on cherche à mettre en valeur la structure propre de l’arbuste ou à susciter la repousse de nouvelles branches pour régénérer l’arbre et favoriser sa floraison.

Voici par exemple un magnifique tableau d’arbustes. Cette photo a été prise par notre collègue Vincent Bobée, quand il était en stage au parc de la Vallée aux Loups, si cher à Chateaubriand. Du grand art !


13 Vallée aux Loups Vue ensemble

Un malentendu de taille : comment et quand intervenir ?

Et nous voici au cœur du sujet : comment tailler les arbustes ? Deux critères sont déterminants : le mode de croissance des arbustes et leur mode et date de floraison. Si l’on connaît la réponse à ces questions, on possède la clé d’une taille raisonnée et bien adaptée à chaque végétal.

La manière de pousser : tous les arbustes ne se ressemblent pas

Les arbustes ne poussent pas tous de la même façon et le critère qui les différencie se rapporte à l’endroit d’où ils produisent de nouvelles pousses chaque année. Si une plante se développe à partir de sa souche ou à la base des rameaux de l’année précédente, on dit qu’elle est basitone. Si elle développe en priorité les bourgeons situés en extrémité de rameaux, et en particulier le bourgeon apical situé sur l’axe principal, on dit quelle est acrotone.

Les arbustes basitones

Voici quelques exemples d’arbustes basitones : un Amorpha fruticosa ou faux indigo, un hortensia (Hydrangea macrophylla) et un cornouiller (Cornus stolonifera).  La pousse de ces arbustes est centrée autour de sa souche.

14 Basitone Amorpha16 Basitone Hydrangea macrophylla15 Basitone Cornus stolonifera

Les arbustes acrotones

Inversement, voici quelques arbustes acrotones, de beaux inconnus rencontrés au hasard de voyages : en Inde (Taj Mahal), un poivrier en Turquie, et un Poinsettia  (Euphorbia pucherrima) au Pérou. On voit combien le port d’un arbuste acrotone est différent de celui d’un arbuste basitone.

20 Acrotone Taj Mahal21 Acrotone poivrier22 Acrotone poinsettia

Les découvertes accomplies depuis quelques années en biologie végétale permettent d’expliquer pourquoi certains arbustes poussent de la base ou au contraire en hauteur. Cela est lié à la localisation d’un type particulier de cellules appelées méristèmes. Il s’agit d’un tissu biologique constitué de cellules indifférenciées formant une zone de croissance. La plante est capable de pousser là où sont situées ces cellules. Comme celles ci sont indifférenciées, elles peuvent reproduire l’entièreté de la plante. On parle de zones à méristèmes. Si ces zones sont apicales, l’arbuste est acrotone. Si elles se situent au contraire à la base de l’arbuste, celui-ci est basitone. Et comme les choses sont rarement si simples dans la nature, elles peuvent aussi se situer un peu partout, et l’arbuste est mésotone. Compliqué ? pas vraiment, un peu de pratique et tout devient très simple.

Une taille adaptée au mode de croissance des arbustes

Taille des arbustes basitones

Si l’arbuste pousse de la base, c’est à la base qu’il convient de le tailler. Cela semble parfois radical. En tous cas nos stagiaires sont souvent mal à l’aise de procéder de cette façon quand ils commencent un stage de taille des arbustes. Car tailler à la base, cela veut vraiment dire tailler la plante au ras du sol, une technique que l’on appelle aussi ‘recépage’. Regardez les photos ci-dessous. La première montre l’arbuste, un arbre aux faisans (Leicesteria formosa) avant taille. La taille intermédiaire montrée en second ne rime pas à grand chose. Cet arbuste ne repoussse pas bien de la mi-hauteur des rameaux. La troisième photo, un gros plan sur le pied de l’arbuste une fois la taille achevée, montre les pousses prêtes à partir. Quelques mois plus tard, l’arbuste sera entièrement régénéré.

17 Taille bas leicesteria formosa18 Taille bas leicesteria formosa19 Taille bas leicesteria formosa

Mais on n’est pas obligé de tailler ces arbustes aussi radicalement. Une autre méthode plus douce existe, par sélection des banches. C’est ce que l’on fait par exemple pour tailler les groseilliers. Chaque année, on supprime à la base quelques branches plus anciennes et on raccourcit légèrement les autres. Cela assure une régénération régulière de l’arbuste tout en protégeant une fructification continue. Une méthode expliquée en détail dans le stage sur la culture et la taille des petits fruits.

Taille des arbustes acrotones

Inversement, un arbuste acrotone doit être taillé de façon à construire une architecture pérenne et à mettre en valeur sa structure. La taille ne sera plus une taille de régénération mais servira à renforcer la charpente de l’arbuste. Taille de raccourcissement de certains rameaux et allègement de la structure par suppression de rameaux mal orientés. Ci-dessous, un Hydrangea arborescens avant, pendant, et après taille. Même après des années de pratique, ce genre de taille comporte toujours un côté un peu magique. On raccourcit par exemple une branche un peu maigrelette et au printemps suivant on voit percer de beaux bourgeons à son extrémité. Un an plus tard, la branchette a doublé de volume et les bourgeons épargnés se sont transformés en rameaux qui portent de belles hampes de fleurs.

23 Taille Acr Hydrangea paniculata24 Taille Acr Hydrangea paniculata25 Taille Acr Hydrangea paniculata

Il ne faut pas confondre cause et conséquence : ce n’est pas parce qu’un arbuste est taillé d’une certaine façon qu’il devient basitone ou acrotone. Mais c’est au contraire parce qu’il est basitone ou acrotone qu’il faut le tailler de telle ou telle façon.

Comment faire pour connaître le mode de croissance d’un arbuste ? Le regarder, tout simplement. Repérer comment s’organisent les nouvelles pousses, et surtout, ne pas se hâter de conclure car toutes les variétés d’une même espèce n’ont pas forcément le même comportement. Les cornouillers mâle (Cornus mas) ou kousa (Cornus kousa) sont acrotones, contrairement aux cornouillers blanc (Cornus alba) ou sanguin (Cornus sanguinea). De même, l’hydrangea macrophylla est tout à fait basitone, mais les hydrangeas arborescens ou petiolaris (hydrangéa grimpant) sont franchement acrotones.

Des périodes et modes de floraison très distincts

La préparation des boutons floraux

Tous les arbustes ne fleurissent pas en même temps, on le sait bien, mais pourquoi ? Là encore, la réponse se trouve dans leur mode de croissance. En effet les arbustes ne produisent pas leurs boutons floraux à la même époque de l’année. Dans certains cas, les boutons se forment en été sur des rameaux qui s’aoûtent. Ils restent clos durant l’hiver suivant et éclosent au printemps, en début de saison. C’est le cas des rhododendrons et des camélias.

D’autres buissons ne forment des boutons floraux que sur des rameaux jeunes qui ont poussé à la fin de l’hiver. Les buddleias, beaucoup de spirées et de rosiers sont dans ce cas.

Il ne faut donc pas confondre les arbustes et pour savoir les réponses, une fois encore, le mieux est d’observer soigneusement les plantes. C’est un sujet sur lequel nous insistons particulièrement pour les rosiers, par exemple. Observer un rosier avant de le tailler, c’est s’assurer de comprendre comment il pousse et choisir ensuite la meilleure façon de la guider. C’est aussi s’éviter de grosses erreurs et ne pas faire une taille d’hiver quand une taille d’été serait mieux appropriée !

La localisation des boutons floraux

Il est, en particulier, très  important de noter à quel endroit le bouton floral se forme. En effet, certaines plantes ne fleurissent que sur du bois d’un an ou plus, mais jamais sur une pousse jeune. L’arbre de Judée (Cercis siliquastrum) appartient à cette catégorie, ainsi que la plupart des hamamélis. Tailler ces arbustes signifie donc gérer simultanément la pousse de l’année suivante mais aussi la floraison.

Ces remarques sur les modes de floraison sont cruciales pour des arbustes bien connus : les rosiers. Un rosier dit ‘non remontant’, c’est à dire qui ne fleurit qu’une seule fois par an, fleurit toujours sur du bois de l’année précédente, à partir de bourgeons floraux qui ont été induits l’été précédent. Lorsque cette réserve de boutons floraux est épuisée, l’arbuste se met à pousser. Il produit de longues tiges qui à leur tour porteront des fleurs l’année suivante.

A l’inverse, un rosier ‘remontant’ fleurit tout au long de la saison. Chaque nouvelle branchette qui pousse est capable de porter des fleurs durant la même saison, parfois jusqu’au mois de novembre. Il est donc vital de savoir à quel type de rosier on a affaire avant d’utiliser son sécateur ! C’est pourquoi nous avons posté dans ce blog un article spécialement consacré à la taille d’été des rosiers, une activité très utile mais à manier avec circonspection !

Quelques suggestions pour mieux soigner ses arbustes

On comprend pourquoi on dit que ces tailles sont ‘raisonnées’. Il s’agit de bien connaître les besoins de chaque arbuste, qui résultent de leur mode de croissance et de floraison spécifique.

Un calendrier pour les arbustes de son jardin

On n’a pas forcément besoin de tailler chaque arbuste chaque année. Ce n’est parfois même pas souhaitable. Le travail peut s’effectuer par roulement tous les 2 ou 3, voire 4 ans. Certains arbustes, les forsythias, les philadelphus, les végélias se portent mieux de tailles un peu plus espacées, mais qui sélectionnent soigneusement les branches à éliminer. D’autres, les hydrangéas, les spirées, ont  besoin qu’on les suive plus souvent pour conserver une floraison abondante.

Et certains arbustes peuvent ne jamais croiser un sécateur, les pivoines en arbre (Paeonia suffruticosa), par exemple. L’organisation naturelle de leurs banches est en général assez aérée pour chaque fleur et il semblerait incongru de les supprimer.

26 Calendrier Pivoine en arbre

Comment s’y retrouver dans ce dédale ? En préparant un tableau récapitulatif, tout simplement. Il se transforme vite en calendrier de taille. C’est un peu fastidieux à préparer, mais tellement pratique ensuite !

De bonnes lectures

Beaucoup de livres bien documentés sur le sujet, taille tranquille des végétaux, taille douce, etc. Mais un livre est vraiment au dessus des autres d’un point de vue pédagogique : la taille raisonnée des arbustes d’ornement, de Pascal PRIEUR chez Ulmer (2006).

Des visites chez les pépiniéristes

Pour voir de beaux arbustes, allez voir par exemple le site du Domaine des Rochettes

Des stages pratiques dédiés au Jardin des Merlettes

Nous proposons 3 stages dédiés aux arbustes d’ornement :

et 4 stages plus particulièrement dédiés aux rosiers, qui le méritent bien :

Des associations et sites dédiés

Pour ceux qui souhaitent gérer leurs arbustes de façon durable il existe une association, les arbusticulteurs, qui œuvre pour une meilleure gestion et utilisation durable des arbustes, en particulier dans les villes.

Pour conclure, nous vous proposons ces trois images d’arbustes qui nous ont séduits, dans des circonstances complètement différentes les unes des autres. Elles illustrent à quel point les arbustes peuvent embellir notre espace quotidien. La première montre la paire de Kolkwitzias amabilis qui se trouvent à l’entrée du jardin de vivaces du Jardin des Plantes de Paris (Muséum National d’Histoire Naturelle). La seconde est un parterre de cornouillers associant cornus alba, cornus sanguinea et cornus stolonifera dans l’ensemble d’habitation collective ‘La Caravelle’ de Villeneuve la Garenne. Enfin la troisième provient de la Vallée au Loups (également prise par Vincent Bobée). Dans chacun de ces cas, les arbustes remplissent parfaitement leur rôle : accueil pour le Jardin des Plantes, écrin pour le HLM et tableau naturel dans un parc romantique. Dans chacun de ces cas, un maître jardinier veille sur ses arbustes et il travaille avec tellement d’élégance… qu’il se laisse oublier !

27 Concl 1 Kolwitzia J des plantes28 Concl 2 Aubervilliers la Caravelle29 Concl 3 Vallée aux Loups

Et on peut aussi les regarder de plus près…

30 Concl 4 Kolwitzia fleurs


26 réponses à “Apprendre à tailler les arbustes d’ornement”

  1. TEYSSONNEYRE dit :

    Avec toutes ces infos precises me permettront dans un avenir proche de retravailler l’ensemble de mes arbustes toute en les respectant mreci a vous….

  2. Christine dit :

    Bonjour,
    Merci de vos encouragements et bonne taille !

  3. Je recherche la façon de tailler un mimosa qui est
    beaucoup trop envahissant

  4. Christine dit :

    La réponse serait un peu longue : mais je peux vous recommander de lire le livre de M. Pascal PRIEUR “La taille raisonnée des arbustes d’ornement” qui explique très bien le processus…
    Ou venir à un stage de taille d’arbustes au Jardin des Merlettes : http://jardindesmerlettes.com/stages-et-formations/stages/taille-raisonne-des-arbustes-dornement/
    Le prochain aura lieu les 12 et 13 mars, puis de nouveau en juin.
    Une seule recommandation : si vous travaillez bien, une personne qui n’aurait pas vu votre arbuste avant la taille et qui viendrait après opération ne doit pas savoir que vous avez taillé, tant votre action doit paraître naturelle.
    Bon courage

  5. SIMON dit :

    nous avons un photinia en bac d’une hauteur de 1M50 env. qui perd toutes ses feuilles rouges.
    Est ce par manque d’eau ou le contraire ?
    MERCI DE VOTRE REPONSE

  6. Christine dit :

    Bonjour,
    C’est difficile à dire sans voir l’arbuste, mais étant donné la hauteur que vous annoncez (1,50m)il est possible qu’il n’a pas eu assez de place (et de terre) pour ses racines. Votre pot est il asez grand ?
    Cordialement

  7. Karin DUPUY dit :

    Bonjour,
    J’aimerais savoir s’il est possible de garder sur le laurier par exemple ou les troène par la taille qu’un seul “tronc” le laisser monter comme un petit arbre et ensuite le laisser élargir, pour obtenir un petit arbre à feuillage persistant. Je n’ai trouvé dans les catalogues que des arbres à feuillage persistant de beaux sujets mais qui ne sont pas pour mon budget et en plus leur croissance est tres lente. J’ai besoin pour mon élevage canin (8 bergers de shetland) dans le parc à chiot qui fait 300m² de l’ombre naturelle.
    Merci pour vos conseils,
    Bonne journée sous le soleil,
    Karin

  8. Christine dit :

    Bonjour,
    Tout à fait : j’ai récemment eu l’occasion d’admirer en Italie de magnifiques lauriers cerise conduits comme vous le proposez. Certains avaient un seul tronc, d’autres présentaient des cépées de 4 ou 5 troncs, complètement dégarnis sur environ 2 mètres de haut ou même 3, puis une frondaison assez large. L’effet était vraiment très beau.
    Simplement, attendez peut être que la végétation ralentisse (novembre ?)
    Cordialement

  9. grangier dit :

    Bonjour,

    J’ai un magnifique pommier du Japon et je dois le déraciner pour faire mon ravalement.

    Ai-je la possibilité de le couper à ras uniquement et si oui : va-t-il repousser?

    Merci de votre aide.
    Bien cordialement
    C.Grangier

  10. Christine dit :

    Bonjour,
    Juste pour être précis : vous parlez bien d’un cognassier du Japon (chaenomeles speciosa) ?
    Il en existe de nombreuses variétés. S’il s’agit d’un arbuste basitone (beaucoup de pousses partant la base, morphologie semblable à celle d’un groseillier), il supportera probablement ce recépage. Essayez au maximum de le protéger du piétinement, quitte à poser une ou deux planches par dessus. S’il s’agit d’un arbuste acrotone (un ou plusieurs troncs bien distincts), il aura plus de mal et il aurait peut être mieux valu le déplacer carrément, maintenant c’est bien tard car il est en sève et je ne saurais vous dire de ces deux maux (arrachage en sève ou recépage) lequel est le moindre.
    Bonne chance !
    Cordialement

  11. Marie-Paule dit :

    Bonjour,
    suite à une taille à la mauvaise période (début du printemps) mon magnolia soulangeana a fait des feuilles de petite taille et pas de fleurs. Va-t-il mourir? Merci d’avance pour votre réponse.
    Marie-Paule

  12. Christine dit :

    Bonjour,
    Considérez plutôt que votre arbuste est convalescent. Aidez le : en arrosant un peu plus souvent, en lui apportant une fumure bien décomposée à l’automne et en le laissant tranquille quelque temps.
    Si votre magnolia repousse du pied de façon très importante, vérifiez que la pousse part d’au dessus de la greffe et qu’il ne s’agit pas de rejets du porte greffe (en observant la taille des feuilles, leur forme, leur couleur parfois plus foncée, demandez éventuellement conseil autour de vous). S’il s’agit de rejets, supprimez les car ils affaibliraient encore plus votre arbuste.
    Cordialement

  13. Eva Husson dit :

    Bonjour, j’ai de très belles et vielles charmilles dans ma haie, je ne sais pas quoi enlever comme branches pour les éclaircir le mettre en valeur. Merci d’avance pour votre réponse

  14. Christine dit :

    Bonjour,
    Tout dépend du ‘rendu’ que vous voulez obtenir. Le charme se taille très bien et vous pouvez soit chercher à le densifier en le taillant en topiaire (peu et souvent, en suivant une forme donnée), soit créer des fenêtres à certains endroits, soit l’éclaircir en taillant en transparence. Dans tous les cas, si vous taillez sur du bois ancien (de plus de deux ou trois ans) taillez plutôt à sève descendue (à partir de novembre) en évitant les jour de gel.
    Cordialement

  15. Jean-Louis CORBET dit :

    Bonjour, votre article est excellent ! Très synthétique. Bravo ! Je vais le recommander au groupe “Ortie Pissenlit” sur FB

  16. Christine dit :

    Merci de vos encouragements
    Bonne journée

  17. bonjour
    j’ai des arbustes d’ornement persistant devant un mur qui sont devenus des arbres ils étaient déjà plantés quand j’ai acheté la maison,
    merci de m’indiquer comment les tailler afin que les feuilles repoussent et cache le mur au lieu de voir les troncs.
    merci pour votre réponse

  18. rubin dit :

    Bonjour
    J’ai une haie de photinia de 18 ans que j,ai coupé il me reste que pieds à déraciner. Est ce possible.
    Merci.

  19. Denise Berret dit :

    Bonjour,
    Je découvre votre site et le trouve très explicite. Depuis plus de 20 ans je m’efforce de tailler mes arbustes selon les règles de l’art mais dois encore apprendre.
    Je désire tailler un pommier d’ornement pourpre de 4 ans, environ 3m, pour rabattre la hauteur et l’empecher de monter plus haut. Est-ce possible et à quelle période. Comment pratiquer ? Pouvez-vous m’aider svp. Je vais me procurer le livre de M. Prieur.
    Merci d’avance

  20. Christine dit :

    Bonjour,
    C’est une bonne idée de lire le livre de M. Prieur qui est très clair. Il y rappelle en particulier qu’on ne peut pas espérer contraindre un arbuste par la taille. Un pommier d’ornement mesure 3 à 4 mètres à l’âge adulte et vous aurez beaucoup de mal à le garder en dessous de 3 mètres sans le fragiliser grandement. En effet, les pommiers (y compris les mali, les pommiers d’ornement) n’aiment pas les tailles répétées car elles favorisent la formation de chancres.
    Cordialement

  21. Christine dit :

    Bonjour,
    Avec du temps et de la peine, on arrive à ôter les racines. Mais c’est vraiment du temps et de la peine… Il est parfois utile de faire intervenir des engins, s’il est possible d’en introduire dans votre jardin.
    En tous cas, il n’est pas bon pour l’avenir du jardin de conserver des souches d’arbustes en train de se décomposer. Cela favorise le développement de champignons pathogènes, dont le ‘pourridié’ de sinistre augure.
    Bon courage

  22. Christine dit :

    Bonjour,
    Je voudrais bien vous répondre mais vous ne me donnez pas assez d’information : de quelle espèce d’arbuste s’agit il ? Des lauriers du Portugal ? Des photinias ?
    Vous pouvez peut être envoyer une photo ?
    Cordialement

  23. M. Forestier dit :

    Bonjour,
    J’ai dans mon jardin un cognassier du Japon qui n’est pas très beau à voir. Il faut dire qu’un noisetier lui fait la concurrence à côté, et forcement ce dernier pousse plus vite et s’étend au-dessus du cognassier. Celui-ci cherche la lumière et s’évase, laissant le centre sans branche.
    J’ai rabattu le noisetier, mais j’aimerai maintenant en faire autant avec le cognassier pour qu’il reparte de la base et forme un buisson. Si je le coupe au ras (il y a plusieurs dizaines de tiges), va-t’il repartir? A quelle époque dois-je le faire?
    Merci pour vos conseils.

  24. Christine dit :

    Bonjour,
    Vous n’y allez pas de main morte : le recépage d’un arbre fruitier n’est pas anodin ! En tous cas, vous ne pouvez agir qu’à partir de fin novembre.
    Mais honnêtement, je vous déconseille une solution aussi radicale. Agissez plus progressivement et vous ‘rattraperez’ l’arbre en plusieurs fois. Le cognassier n’est jamais un buisson très dense. Il a des branches souvent graciles. Il n’y a guère que les rejets qui soient bien forts, mais ce sont les petites coursonnes qui portent des fleurs et des fruits.
    Je vous déconseille d’autant plus de recéper cet arbre que vous mentionnez qu’il a plusieurs dizaines de tiges. Là en revanche, il faut être sélectif et supprimer un bon nombre d’entre elles. Un cognassier pousse de façon acrotone, c’est à dire avec un tronc en principe unique. Ce n’est pas le cas du noisetier qui est, lui, naturellement basitone (et qui forme une touffe).
    Donc, soit vous pouvez identifier l’arbre d’origine, auquel cas vous le gardez, dans toute sa hauteur, et vous éliminez les rejets autour, soit aucun arbre est identifiable et il faut essayer d’en reformer un. Mais ce n’est pas gagné si vos rejets ont leur origine en dessous de la greffe, auquel cas vous avez perdu l’arbre greffé. Observez bien la forme des feuilles sur ces rejets. Vous verrez s’il s’agit d’un cognassier ou d’un sauvageon.
    Cordialement

  25. malvoisin dit :

    Bonjour ,peut on tailler un grand rhododendrons avant de le changer d emplacement. Déplacement prévu en novemble . Je vous remercie

  26. Christine dit :

    Bonjour,
    Dans les pays dont il est originaire, le rhododendron (et son cousin, l’azalée) se taille très bien, en topiaire même. Mais le bon moment pour le tailler, c’est après la floraison, avant qu’il ne forme les bourgeons qui fleuriront au printemps suivant.
    Donc oui, vous pouvez le tailler avant de le déplacer, mais vous réduirez d’autant sa floraison (pour le printempsprochain, uniquement).
    Et sauf si vous êtes dans une région froide, attendez plutôt la première semaine de décembre si le temps continue à être aussi doux.

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